
Traquer ses ancêtres sur le net
Internet est un outil utile pour les généalogistes amateurs. Mais, à lui seul, il ne suffit pas à reconstituer toute une histoire familiale.
Il fut un temps où la généalogie était réservée aux professionnels et aux amateurs éclairés. Cette époque est désormais révolue. Le net et les réseaux sociaux ont en effet démocratisé la discipline, qui connaît, aujourd’hui, un véritable regain d’intérêt. «Si les retraités constituent le gros des troupes, les jeunes s’y intéressent aussi», constate Pierre-Yves Pièce, membre du Cercle vaudois de généalogie. Témoins de cet engouement, de nombreux sites spécialisés ont éclos sur la toile, ces dernières années. Nous en avons retenu quatre, susceptibles de faciliter la recherche de ses ancêtres.
> Répertoire des noms de famille suisses
En Suisse, impossible de reconstituer son arbre sans connaître sa commune d’origine. Heureusement, cette banque de données contient le nom de toutes les familles qui possédaient le droit de cité d’une commune suisse en 1962. La commune d’origine, la date d’acquisition du droit de bourgeoisie, le lieu ou le pays d’origine sont indiqués pour chacune d’elles.
hls-dhs-dss.ch
> Geneanet
Avec deux milliards d’ancêtres référencés et quelque 600 000 arbres généalogiques, Geneanet est un allié intéressant. On peut comparer sa descendance à d’autres déjà en ligne, pour dénicher, qui sait, une tante ou un cousin éloignés. On y trouve aussi des photos de sépultures et de monuments anciens. Pour 45 € par an, on peut encore naviguer sans publicité et accéder à des outils de recherche supplémentaires, comme un accès à des millions de documents (journaux, revues historiques, etc.). La consultation d’actes d’état civil n’est, en revanche, pas comprise dans le prix.
geneanet.org
> Genealogie.com
Créé dans les années 1990, le portail propose des conseils sur la manière de commencer sa généalogie, mais aussi la possibilité de remplir gratuitement son arbre et de consulter celui des autres membres. Les archives et les actes de naissance sont payants. Compter 19.99 € par mois (21.80 fr. par mois).
genealogie.com
> Family Search
Développé par les Mormons, ce portail entend recenser, à terme, tous les actes d’état civil et les registres paroissiaux accessibles à travers le monde. La plateforme permet de consulter et de louer des microfilms. Attention toutefois: tous les cantons n’ont pas autorisé le scan de leurs registres. C’est le cas du Valais notamment.
familysearch.org
Logiciels spécialisés
Le parcours pour remonter la piste de ses parents éloignés est semé d’embuches. Le chercheur amateur trouvera de l’aide via les forums de certaines associations cantonales de généalogie ainsi que sur celui de la Société suisse d’études généalogiques (SSEG) et sur Geneal-Forum.
Des logiciels spécialisés payants, tels que Heredis (Mac et Windows) et Geneatic (Windows) peuvent également être utiles, car ils donnent accès à des archives et à des bases de données en ligne.
Mener l’enquête
Mais attention: «Il est illusoire de penser pouvoir établir sa généalogie sans bouger de son bureau, prévient Pierre-Yves Pièce. L’information qu’on trouve sur la toile fournit des pistes intéressantes, certes, mais elle est sans garantie d’authenticité et elle dépend de la fiabilité de celui qui l’a publiée.» Il est par conséquent vivement recommandé de la vérifier. D’autant plus si aucune source n’est mentionnée. Pour ce faire, le chercheur devra procéder à l’ancienne. On commencera donc par interroger son entourage proche, en particulier les membres les plus âgés. Il n’est pas non plus inutile de farfouiller dans les documents familiaux comme les albums de photos, les livrets de famille, les lettres et d’autres documents.
Si cette première phase ne donne rien, l’enquête se poursuivra dans les archives de l’état civil de sa commune d’origine. Elles existent depuis 1876. Attention, il faut obtenir une autorisation cantonale avant de pouvoir mettre le nez dedans. La consultation des actes situés dans la période couverte par le délai de protection des données personnelles est en outre soumise à dérogation.
Pour les années comprises entre 1550 environ et 1876, rendez-vous dans les registres paroissiaux. Ils ont en grande partie été microfilmés et sont, pour la plupart, conservés aux archives cantonales.
Enfin, pour documenter l’histoire de sa famille et pimenter un peu son arbre généalogique, on jettera un œil aux actes notariés, cadastres, registres et éventuelles décisions de justice.
Bref, sur la toile ou en live, la «chasse» aux ancêtres est une activité de longue haleine qui demande patience et persévérance…
Chantal Guyon


