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En piste, les cyclistes!

La cohabitation est parfois difficile entre les vélos et les automobiles. Or, chaque commune tente de résoudre le problème à sa façon. Et, à ce petit jeu, la Suisse alémanique a une (grande) longueur d’avance!

L’Office fédéral des routes (Ofrou) est catégorique: 43% des Alémaniques font du vélo, contre 26% de Romands seulement. Un intérêt confirmé par une récente étude (SVI) sur les déplacements quotidiens des cyclistes dans 35 agglomérations suisses: le podium des villes «cyclophiles» est clairement de l’autre côté de la Sarine. Seule Bienne arrive à se hisser dans le milieu du classement (13e rang), tandis que les chefs-lieux romands se positionnent en queue de peloton (voir leur position dans le tableau).

Les Romands ont certes des excuses, comme la topographie: Lausanne et ses 500 mètres de dénivellation est un exemple flagrant. Avec un peu d’originalité toutefois, il existe des moyens pour faire face à ce genre de handicaps, notamment via les transports publics (lire encadré). Ou en adaptant le matériel, comme à Fribourg, à Neuchâtel et à Lausanne, qui proposent une offre publique de vélos électriques en libre service.

Il n’empêche: selon les auteurs de l’étude, 60% des différences dans l’utilisation des deux-roues s’expliquent par des raisons externes au trafic. Le solde est à mettre sur le compte des infrastructures et de leur entretien, des services mis en place, de la communication, etc. Autant d’éléments qui dépendent de la politique communale concernant la mobilité douce.

Or, entre les bandes cyclables qui disparaissent au détour d’un carrefour, celles qui coupent la route aux automobiles et les fausses indications qui égarent le cycliste, les Romands ont encore du pain sur la planche et peuvent prendre exemple sur leurs collègues alémaniques. Ainsi, Winterthour, meilleur élève dans le domaine des infrastructures, selon l’étude SVI, avec son réseau de 175 km de pistes cyclables, est loin devant Genève qui n’en compte que 19,8 (voir les kilométrages dans le tableau).
Et, pourtant, pas besoin de réaménager toute la ville pour améliorer la circulation des bicyclettes. Par exemple, il est possible de rafraîchir et d’élargir les tracés ou de définir des zones limitées à 30 km/h. Ou, encore moins onéreux, des contresens cyclables qui ne requièrent généralement qu’un marquage et la pose de panneaux. Neuchâtel a souvent utilisé cette technique .

Mais tout cela a un prix, et nécessite donc un élan politique. Voyons ce que les chefs-lieux romands ont prévu à cet effet.

Christelle Maillard

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