
De la Sicile à la Sardaigne
Un complément à notre dégustation «Le Nero d’Avola tire le premier» (08/2015).
A maints égards, la Sicile et la Sardaigne se ressemblent. Elles sont presque aussi vastes, 25 000 et 24 000 km2, et sont les plus grandes de la Méditerranée.
Leur position centrale a vu défiler sur leur territoire les Phéniciens (entre le 9e et 7e siège avant JC), les Grecs, puis les faire hésiter entre Carthage et Rome (à l’époque des guerres puniques). Toutes deux ont été occupées par les Espagnols: la Sardaigne, du 14e au 18e siècle, la Sicile, après un épisode byzantin, puis arabo-berbère et normand, du 16e au 18e siècle. Après que la Savoie eût préféré la Sardaigne à la Sicile, passée aux Bourbons, l’unification de l’Italie, au 19e siécle, conduisit Giuseppe Garibaldi d’abord en Sicile, avant qu’il s’en aille finir ses jours sur l’île de Caprera, au large du nord de la Sardaigne.
L’influence des Phéniciens signifie que la vigne est présente sur les deux îles depuis près de 3000 ans. La surface viticole de la Sicile (quelque 120 000 ha, soit le plus vaste vignoble d’Italie) est quatre fois plus importante que celle de la Sardaigne, plus montagneuse.
En Sardaigne, les cépages autochtones ou assimilés depuis longtemps (cannonau-grenache et carignano-carignan) ont la priorité, tandis que la Sicile a longtemps oscillé entre des cépages internationaux (merlot, syrah, cabernet) et locaux (Nero d’Avola, frappato, nero mascalese sur les contreforts de l’Etna) qui ont aujourd’hui le vent en poupe.
Les vins blancs sardes sont réputés, alors que la Sicile est encore plantée majoritairement en blanc, vinifié en vins mutés (Marsala), voire distillés.

