
Chut, on roule!
Le bruit du roulement est très supérieur à celui d’un moteur dès qu’on dépasse 35 km/h. Or, en choisissant le bon pneu, on peut le diviser par deux!
La bonne nouvelle d’abord: depuis 1980, donc en seulement 35 ans, les constructeurs ont trouvé les moyens de considérablement réduire le bruit d’une automobile (- 7dBA). C’est d’autant plus remarquable que le poids moyen d’un véhicule de classe, elle aussi, moyenne est passé de 950 kilos, en 1970, à 1395 kilos, en 2010. Et la largeur des pneus de 155 mm à 225 mm. C’est dire si des progrès ont été faits sur la qualité des matériaux utilisés (moteur et gomme)!
La moins bonne nouvelle maintenant: comme la circulation routière a parallèlement explosé et qu’elle reste – en dépit de l’interdiction faite aux poids lourds de rouler la nuit – la principale source de nuisance sonore en Suisse, on estime, que 700 000 personnes en souffrent lors de leur repos nocturne, et plus de 420 000 à leur poste de travail.
Des pneus très bruyants
Or, ce qu’on ignore souvent, c’est que, à partir de 35 km/h, le bruit du roulement dépasse celui du moteur. Certes, les nouveaux revêtements «phonoabsorbants» repoussent cette limite (lire encadré), mais ils ne sont pas encore généralisés. Du coup, il vaut largement la peine de choisir ses pneus non seulement en fonction de leurs qualités d’adhérence, mais aussi de leurs effets sonores. A cette fin, observons les derniers tests publiés par le TCS, respectivement pour les pneus d’été (205/55 R16 91V) et d’hiver (175/65 R14 82T). Les deux premiers classés de chaque comparatif sont, bien sûr, «très recommandés» et obtiennent une évaluation globale assez similaire (voir tableau).
A priori, celles données pour le bruit (ligne orange clair) sont, elles aussi, assez proches.
Or, si l’on se réfère à la banque de données mise à disposition sur le site de l’Office fédéral de l’environnement (OFE)(1), on constate que les décibels indiqués diffèrent de 3 dBA pour les deux pneus d’été et de 5 dBA pour ceux d’hiver (ligne orange foncé). C’est considérable, si l’on sait que l’échelle sonore n’est pas linéaire et que 3 dBA en moins permet de diviser le bruit par deux, 5 dBA par trois!
Estimation supplémentaire
Interpellé, le TCS rappelle d’abord que ses tests comprennent pas moins de 13 paramètres (contre trois pour l’étiquette-énergie que la Confédération attribue aux pneus(2)). Or, si la manière d’évaluer le bruit extérieur (micros placés à 1,20 m de hauteur et à 7,5 m du circuit où passe le véhicule à 80 km/h, moteur coupé) est identique dans les deux cas, le TCS complète ce critère par une évaluation subjective du bruit constaté à l’intérieur en passant, moteur coupé, de 80 km/h à 30 km/h sur de l’asphalte et du béton sec. Chaque estimation vaut pour moitié et le critère du bruit à raison de 10% pour l’évaluation globale.
Il n’empêche: le bon réflexe reste de compléter le travail du TCS par une petite recherche avec le programme de l’OFE et de ne pas hésiter à opter pour le pneu le plus silencieux, d’autant que les prix ne font souvent pas la différence (environ 120 fr. pièce pour les pneus d’été du tableau et 60 fr. pour ceux d’hiver).
Christian Chevrolet
(1) etiquette-pneus.ch -> Liste de pneus.
(2) Lire «Pneus: l’étiquette qui dérape», TCF 5/2013.


