
Sauver des données si fragiles…
Nul n’est à l’abri d’une panne informatique, d’un vol ou d’un incendie qui anéantit toutes ses données numériques, dont les irremplaçables photos. Nos conseils pour s’en prémunir.
Avant l’ère du tout digital, il n’y avait guère que l’incendie qui pouvait détruire les documents et les photos que l’on conservait chez soi. Aujourd’hui, la majorité de ces éléments sont numériques. Par conséquent, d’autres risques de tout perdre sont venus s’ajouter. On pense avant tout à l’ordinateur qui flanche et, dans une moindre mesure, au vol du matériel informatique.
C’est pour ces raisons qu’il est impératif de respecter quelques règles élémentaires. Primo, il est capital d’avoir une copie de ses fichiers sur d’autres supports que son ordinateur. Secundo, ces sauvegardes doivent idéalement être conservées dans un autre endroit que les données originales (lire encadré). Tertio, il est important de s’assurer régulièrement que les éléments archivés sont encore lisibles. Mais, au fait, quelles sont les qualités des divers supports de stockage?
DVD: sa capacité est faible avec 4,7 gigaoctets (Go), voire 8,5 Go s’il est doté de deux couches. C’est mieux qu’un CD-R (0,65 Go!), mais très maigre quand on sait que 300 clichés pris par un appareil photo de 12 mégapixels occupent grosso modo 1 Go de mémoire.
Sa longévité n’est pas optimale non plus. Dans une étude publiée en 2010, les Académies françaises des sciences et des technologies estiment que la durée de vie des CD et des DVD enregistrables est très aléatoire: au pire une année, au mieux 20 ans. Au bout de quatre ans, les experts ont constaté que 8% des disques étaient déjà inutilisables!
Pour optimiser leur durée de vie, il est recommandé de ne pas toucher la surface gravée avec les doigts et de les conserver dans leur boîte à l’abri de la lumière, de l’humidité et de la chaleur. Et, si c’est le moyen d’archivage retenu, il est conseillé d’opter pour des DVD de marque avec une couche (substrat) en or et de les remplacer tous les trois ans.
Disque dur externe: c’est une solution facile, abordable et peu encombrante. Pour moins de 100 fr., on trouve des modèles d’une capacité de 2 téraoctets (To), soit 2000 Go. Pour faciliter la tâche, on peut programmer une sauvegarde automatique avec un logiciel gratuit comme Time Machine (Mac) ou SyncBack (PC).
Le hic, c’est que les disques durs externes ne durent pas des lustres non plus. Entreprise spécialisée dans la sauvegarde des données, Blackblaze en sait quelque chose. En décembre 2013, la société relevait que 22% des 25 000 disques durs qu’elle utilisait avaient rendu l’âme au cours des quatre premières années! En extrapolant, elle estime que plus de la moitié des disques sera hors service après six ans!
Disques SSD externes: beaucoup plus rapide et résistant (choc, etc.) que le disque dur classique (HDD), le SSD est très cher: 400 fr. au moins pour un modèle d’une capacité de 1 To!
De surcroît, le SSD est sensible aux variations de température et a besoin d’un accès presque constant à une source d’alimentation pour ne pas perdre son contenu. Spécialisée dans la sécurité informatique, la société KoreLogic a récemment réalisé une étude qui montre que les SSD ont une durée moyenne de rétention des données de deux ans lorsqu’ils ne sont pas alimentés. Pour un archivage hors tension, ce n’est donc pas une solution.
Le cloud: stocker ses fichiers en ligne sur des serveurs distants offre une protection optimale contre le vol à domicile et les catastrophes naturelles (incendie ou inondation). Cela permet aussi d’y avoir accès depuis partout, à condition de posséder une connexion internet.
Pourtant, le cloud computing a des points faibles, à commencer par son prix. Car, à l’instar de Google Drive qui offre la gratuité jusqu’à 15 Go de stockage, il faut ensuite passer à la caisse: 9,99 $ par mois pour 1 To! Et, surtout, la sécurité n’est pas infaillible contre le piratage, la perte des données, voire la faillite de l’exploitant. Par conséquent, on n’est pas maître de ses archives.
Clé USB et consorts: à l’instar des cartes à mémoire (smartphone, etc.), la clé USB est extrêmement utile pour transférer des données. Mais sa mémoire flash limite le nombre d’écritures. Il ne s’agit donc pas d’un support adapté à l’archivage.
Yves-Noël Grin


