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Rechercher en toute discrétion

A chaque requête, Google ou Bing (Microsoft) peuvent collecter des données privées des utilisateurs. Or, il existe d’autres moteurs de recherche bien moins curieux.

Les géants du web profitent de la popularité de leur moteur de recherche pour dresser les profils détaillés de leurs utilisateurs. Grâce au contenu des requêtes, il sera, ensuite, bien plus facile de leur adresser des publicités ciblées qui seront, ainsi, vendues plus cher! Or, les internautes se méfiant de ce qui pourrait être fait avec leurs données personnelles peuvent se tourner vers des solutions plus respectueuses de leur vie privée. Mais sont-elles aussi performantes?
La réponse est globalement positive. Nous avons testé deux genres d’outils, qui ne tracent pas les comportements des utilisateurs: ceux jouant le rôle d’intermédiaire entre l’internaute et les autres moteurs de recherche et ceux possédant leur propre algorithme.

> Ixquick.com
Si le nom n’est pas des plus faciles à retenir, l’outil vaut le détour. Autoproclamé «moteur de recherche le plus confidentiel du monde», ixquick effectue anonymement des prospections (y compris d’images ou de vidéos) en se fondant sur une dizaine de sites différents, dont Google, Bing et Wikipédia. Ce faisant, c’est lui qui s’expose à leur curiosité, ce qui protège, du même coup, l’internaute.

L’option de recherche avancée offre des possibilités intéressantes, comme celle permettant d’afficher uniquement les pages dont le titre ou l’url contiennent le ou les mots désirés ou encore en se limitant à un unique nom de domaine.
Une barre d’outils Ixquick est disponible pour les navigateurs Internet Explorer et Firefox et une application Ixquick Search existe pour les smartphones Android et Apple.

Lors de nos différents tests, le moteur de recherche a donné de bons résultats, certes moins nombreux que ceux fournis par Google, mais similaires d’un point de vue qualitatif. Il manque toutefois quelques paramètres avancés, comme la recherche par langue ou par pays.

> DuckDuckGo.com
Le moteur de recherche DuckDuckGo propose également de faire des recherches à la place des utilisateurs sur des plateformes existantes, comme Yahoo, Wikipédia et Bing.

Les résultats sont très fournis, y compris la recherche d’images ou de vidéos. Il est possible d’utiliser un paramètre de localisation, afin de limiter la recherche à sa région. Pratique également, le petit «vu» qui s’affiche sur la gauche des sites d’ores et déjà visités par le navigateur.

On regrette toutefois l’absence de paramètres avancés, comme la recherche par date ou par langage. Petit hic aussi: l’entreprise est américaine, et donc soumise aux lois et au gouvernement d’un pays qui impose parfois aux sociétés de lui transmettre des informations ou l’accès à leur technologie.

> Qwant.com
Qwant.com promet de ne pas traquer les internautes. L’entreprise française à l’origine de l’outil certifie, ainsi, ne pas utiliser des cookies trop curieux, ces petits fichiers enregistrés sur l’ordinateur qui enregistrent des données lors de l’utilisation. Cela ne lui serait d’ailleurs d’aucune utilité, puisque son modèle économique est fondé sur un partenariat avec des e-commerçants présents dans l’onglet «Shopping», et non sur des publicités ciblées.

C’est un moteur de recherche (basé sur un algorithme propre) très complet, avec possibilité de choisir plusieurs catégories (web, actualités, réseaux sociaux, images, etc.). Les résultats que nous avons obtenus sont plutôt de bonne facture. En revanche, l’option de recherche dans les réseaux sociaux est quelque peu survendue, puisqu’elle ne sonde que le contenu de Twitter.

> Yacy.net
Afin d’offrir un maximum de confidentialité, YaCy utilise un fonctionnement différent. Contrairement aux moteurs de recherche classiques où tout est centralisé, l’outil utilise un réseau Peer2Peer (P2P), soit une sorte d’intranet dont les utilisateurs font partie intégrante. Il est, par conséquent, nécessaire d’installer une application sur son ordinateur. Une fois lancée, elle ouvrira une page web avec le champ de recherche.
Cette architecture décentralisée permet d’utiliser la puissance de milliers d’ordinateurs, afin de concurrencer les capacités des outils proposés par Google ou Microsoft. YaCy se vente ainsi d’avoir pu indexer plus de 1,4 milliard de documents.
Malheureusement, derrière les belles promesses, l’application se montre encore trop limitée, que ce soit par le nombre de résultats proposés, la qualité du ranking (la hiérarchisation des résultats en fonction de leur pertinence) et la lenteur d’exécution des requêtes.

Loïc Delacour