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Santiago, sac à dos

Quelque 2000 kilomètres séparent Romont de Saint-Jacques de Compostelle. Pas question de lésiner sur les préparatifs.

Au mois de mai, près de mille pèlerins arrivent chaque jour à la cathédrale de Santiago de Compostela. La moitié fait le voyage pour un motif religieux: le sanctuaire est supposé abriter les reliques de saint Jacques, un des douze apôtres. C’est le roi d’Aragon Alphonse II qui s’est, le premier, rendu sur les lieux au IXe siècle après cette découverte.

Tombé en désuétude, le pèlerinage connaît un regain de ferveur depuis la fin du XXe siècle et le nombre de marcheurs va croissant. Certains font seulement les 100 derniers kilomètres pour recevoir le diplôme, la compostela. D’autres répartissent le parcours sur des années, selon leur disponibilité. Qu’on parte pour dix jours ou trois mois, le voyage doit, toutefois, se préparer avec soin.

Sésame indispensable

Les pieds qui fouleront le chemin sont la préoccupation essentielle du pèlerin ou «jacquet». Choisir des chausseurs polyvalentes, pas trop rigides pour les tronçons sur le bitume, et les porter plusieurs jours avant le jour J.

En Suisse, le carnet du pèlerin, ou «credential», se commande auprès de l’Association des amis du chemin de Saint-Jacques*. «Ce livret recueille les tampons des endroits où l’on passe», explique Muriel Favre, secrétaire de l’association. Le sésame est délivré gratuitement aux membres. Il est indispensable pour accéder aux gîtes en Espagne.

Faire son sac

Si l’on porte soi-même ses affaires, on réduira au minimum le poids du sac qui ne doit pas dépasser 40 litres ou 8 kilos pour les dames: les pèlerins font leur lessive chaque soir. Ne pas oublier un livre pour patienter avant l’ouverture des gîtes, l’après-midi.
Pour la préparation physique, il est recommandé de s’habituer, avant le départ, à des randonnées équivalentes aux étapes prévues, qui varient généralement entre 20 et 25 km, soit six bonnes heures de marche. Bien balisé, l’itinéraire présente peu de risques de se perdre.

Reste enfin à planifier l’itinéraire. La formule consacrée veut que chacun fasse son chemin comme il lui convient et, surtout, à son rythme! «Marcher en couple ou à plusieurs pendant une semaine, c’est sympathique, mais ça reste de la randonnée», relève Muriel Favre. Selon plusieurs récits, il faut un mois au moins pour se délester du quotidien et se fondre dans les pas de ceux qui ont foulé le chemin au fil des siècles. «Quelque chose se passe en route, et le défi sportif cède la place à la méditation», témoigne la marcheuse.

Nombre de marcheurs partent de Saint-Jean-de-Port, près de la frontière franco-
espagnole, pour les quelque 800 kilomètres restants. En Suisse, la Via Jacobi, dont on téléchargera les cartes sur suissemobile.ch, rejoint le lac de Constance à Genève, 130 kilomètres séparant Romont de la frontière. Les Jurassiens, eux, rejoindront la branche de Bâle qui passe par les Trois-Lacs.

Claire Houriet Rime

*Bonus web: liens utiles