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Remplacer les pesticides par des insectes

En échange du gîte et de quelques petites attentions, les insectes se révèlent de précieux alliés pour lutter contre les nuisibles, tout en respectant la biodiversité. Petite sélection d’auxiliaires à installer dans son jardin.

1 Chrysope
Avec ses ailes fines et ses yeux dorés, la chrysope verte (Chrysoperla carnea) n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi un redoutable prédateur pour les pucerons. Une seule de ses larves peut en consommer jusqu’à 500 au cours de son développement. Ce névroptère apprécie aussi les acariens, les mouches blanches et les cochenilles. Pour favoriser son établissement, il est conseillé de cultiver des plantes qui produisent beaucoup de nectar et de pollen, car il en est très friand.

2 Aphidius
Cette microguêpe est fort utile pour décimer les mouches, les chenilles, les pucerons, les charançons et les chrysomèles. Afin de favoriser sa présence, il est nécessaire de renoncer à utiliser des produits chimiques auxquelles elle est très sensible. Pour l’attirer, il faut favoriser la plus grande biodiversité dans son jardin.

3 Sauterelle verte
Accusée de s’en prendre à nos cultures, la sauterelle verte mange surtout de nombreux insectes comme les mouches, les chenilles et même les larves de doryphores. Guère appréciée des autres prédateurs, elle se distingue du criquet grâce à ses longues antennes et fréquente nos jardins en été. Pour garantir sa population, il faut lui laisser des coins de prairie non tondus et non piétinés.

4 Syrphe
Il a beau ressembler à une guêpe, il n’en reste pas moins une mouche butineuse qui compte plusieurs centaines d’espèces, lesquelles n’occasionnent aucune piqûre et sont donc totalement inoffensives pour les humains. Certaines participent à la pollinisation des fleurs, tandis que les larves d’autres sont de véritables serial killers de pucerons, qui vident leurs proies en les suçant.

5 Staphylin
Ce coléoptère au corps aplati et allongé et au régime alimentaire varié fournit une aide précieuse aux jardiniers. Le prédateur mesure entre quelques millimètres à trois centimètre, et chasse, jour et nuit, escargots et autres mouches. Certaines espèces consomment aussi de la matière organique. Des tuiles, de grosses pierres plates, quelques tas de feuilles mortes ou de branches pourries placés dans les coins du jardin lui fourniront un abri très apprécié.

6 Carabe
Souvent confondu avec un scarabée, ce coléoptère ne compte pas moins de 700 espèces qui sont, toutes, des prédatrices réputées pour leur efficacité contre les limaces, les vers gris et les vers blancs. Et, pour ne rien gâcher, il tue plus de proies qu’il n’en consomme. Pour favoriser son installation, on peut répartir les déchets de tonte entre les lignes de légumes ou encore placer une vieille souche et quelques grosses pierres plates en bordure de jardin.

7 Perce-oreille
Moins connu que les autres auxiliaires, il a aussi mauvaise presse auprès des jardiniers en raison des dégâts qu’il occasionne aux fleurs et aux fruits mûrs (abricots, par exemple). C’est pourtant un redoutable prédateur lorsqu’il s’agit de dévorer les pucerons et le psylle du poirier et du pommier. Il consomme aussi les débris végétaux et nettoie le sol. Pour l’accueillir, il suffit de déposer des pots de fleurs retournés garnis de paille et quelques pierres plates pour que les femelles puissent se reproduire.

8 Nématodes
Utilisés contre différentes chenilles – les larves de hanneton et les limaces notamment –, ces parasites comptent des dizaines de milliers d’espèces dont seule une petite poignée est employée dans la lutte biologique. Il s’agit principalement du Steinernema feltiae, du Heterorhabditis bacteriophora et du Steinernema carpocapsae. On peut s’en procurer sous forme de larves en sachet qu’on mélange ensuite à de l’eau. Arroser tôt le matin ou le soir pour éviter de brûler les larves. Compter une dizaine de jours environ pour qu’elles déploient toute leur efficacité.

9 Coccinelle
La bête à bon Dieu est sans conteste la plus célèbre alliée du jardin au naturel. Redoutable prédatrice pour les pucerons, elle peut en engloutir une centaine par jour. Elle n’a rien, non plus, contre quelques psylles, cochenilles, acariens ou chenilles. Une pierre, une souche ou un tas de bois sont autant de refuges appréciés par cet auxiliaire. Privilégier les espèces indigènes comme l’Adalia bipunctata. Attention, en revanche, à la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) qui dévore les larves des coccinelles autochtones.

10 Punaise brune
Ces anthocorides sont des prédateurs carnivores à l’état tant larvaire qu’adulte. Ils s’attaquent à des proies inférieures ou égales à la leur, comme les pucerons, pompant leur sang et leurs liquides corporels. Si leur présence passe généralement inaperçue, leur absence, en revanche, peut entraîner la prolifération d’insectes indésirables.

Chantal Guyon