
Les CFF, le franc fort et le métro parisien
Aux CFF, on a le sens de l’accueil et du service à la clientèle, mais on a aussi et surtout le sens des affaires! Jugez par vous-même: à la gare de Lausanne, les voyageurs qui se rendent à Paris sont invités à acheter leurs tickets de métro directement au guichet. Gentille attention diront certains. Et pratique, qui plus est, ajouteront les autres.
Le hic, c’est que l’ex-régie fédérale facture le billet à l’unité 2.80 fr. et 24 fr. pour dix trajets.
Or, si le voyageur achète ce même ticket dans la station de métro située directement sous la gare de Lyon, là où arrivent les TGV en provenance de Suisse, il ne lui en coûtera que 1.80 €, soit 1.88 de nos bons vieux francs helvétiques au cours du 9 avril dernier. Donc 92 centimes de moins que s’il l’avait acheté avant son départ. Idem s’il opte pour un carnet de dix trajets. Il devra cette fois, débourser 14.10 € chez nos voisins français, ce qui équivaut à 14.72 fr., donc 9.30 fr. de moins que ce que réclament les CFF pour nous faciliter la vie.
A l’heure où la monnaie européenne continue de se déprécier, c’est un peu cher payé, non? Pour sa défense, notre entreprise ferroviaire nationale rétorque qu’elle se procure les billets auprès d’un intermédiaire qui fixe lui même le taux de change. Et de poursuivre: «Nous proposons ce service à nos clients pour éviter qu’ils ne se trouvent dans l’embarras lorsqu’ils arrivent le soir tardivement à Paris. Cela dit, ils ont, bien évidemment, le choix d’acheter leurs billets sur place au guichet ou à l’automate.»
Que voilà un conseil avisé…
Chantal Guyon

