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20 comptes de libre passage: un libre passage qui ressemble, parfois, à un labyrinthe

Une lectrice en témoigne: si les banques affichent les conditions des comptes épargne, elles sont plutôt discrètes sur ceux de libre passage.

Les salariés qui changent d’employeur n’ont qu’à transférer leur avoir de libre passage (2e pilier) de leur ancienne caisse de pension vers la nouvelle. Il en va tout autrement des travailleurs qui interrompent temporairement ou définitivement leur activité professionnelle ou décident de devenir indépendants: ils doivent, eux, choisir rapidement une forme de libre passage où déposer le pécule accumulé. Faute de quoi, il atterrira sur un compte de libre passage à la Fondation institution supplétive LPP, ce qui n’est d’ailleurs pas le pire qui puisse arriver.

Antonina Pernecker, des Bioux (VD), se trouve actuellement dans cette situation. Son contrat de travail étant arrivé à son terme, notre lectrice a décidé de se réorienter professionnellement. En attendant de trouver son bonheur, elle est donc contrainte de choisir une institution où placer son bas de laine. Or, «il est difficile d’obtenir des informations suffisantes pour pouvoir comparer les conditions de chaque fondation», nous a-t-elle récemment écrit. Tout Compte Fait pouvait-il lui venir en aide?

Pari relevé, nous avons passé au crible les prestations de 20 établissements (voir tableau).

Une maigre rémunération

Du moment que le travailleur sort de l’institution de prévoyance de son employeur, son capital n’est plus soumis au taux minimal de 1,75%, garanti en 2015 par la loi sur la prévoyance professionnelle. Il n’est donc pas inutile de sélectionner attentivement l’endroit où verser son capital accumulé. La différence entre les intérêts servis n’est, en effet, pas négligeable, puisqu’ils oscillent entre 0,15% à la Banque Alternative et 0,75% à la Banque CIC.

Reste que la rémunération des comptes est plutôt chiche et régulièrement revue à la baisse. Jugez-en plutôt: à la Banque CIC, elle était encore de 1,25% en février dernier, mais n’est plus que de 0,75% aujourd’hui.

Conditions plus ou moins généreuses

Mais attention, à eux seuls, les intérêts ne font pas tout. Il faut encore se pencher sur les conditions qui régissent le retrait ou le versement anticipé du capital. Car, là encore, certaines sociétés sont plus généreuses que d’autres et chacune a ses propres particularités. Ainsi, la Banque Cantonale de Berne demande 250 fr. pour le versement du capital en cas d’activité indépendante, alors que celle de Genève ne ­réclame aucun centime dans ce cas de figure mais prélève 120 fr. par heure de travail administratif en cas de décès…

Une chose est sûre pourtant: à l’exception de la Banque WIR, toutes les institutions réclament des frais pour le retrait anticipé en cas d’accès à la propriété. La BCGE se montre la plus gourmande en exigeant 500 fr., Credit Suisse, PostFinance, la BCN et la BCV, tout comme Valiant et Baloise Bank SoBa, demandent, elles, 400 fr. contre 150 fr. à la Raffeisen.

En revanche, seules cinq banques font passer le client à la caisse s’il part s’établir à l’étranger. Compter 20 fr. à la Banque Alternative et à la Banque Coop, 50 fr. à Baloise Bank Soba, 200 fr. à la Banque CIC et jusqu’à 250 fr. à la BCBE. A noter également: si l’ouverture du compte de libre passage est toujours gratuite, il n’en va pas forcément de même pour la ­clôture. Il faudra allonger 25 fr. à la BCBE, 30 fr. à la Banque Cantonale de Fribourg (BCF) et même 50 fr. à la Banque Cantonale du Jura. Il est en outre possible de transférer son compte dans un autre établissement sans préavis partout, excepté à la Raiffeisen et à la Banque Alternative où le délai est de trois mois ainsi qu’à Baloise Bank SoBa (31 jours).
Enfin, au moment du transfert de son avoir du 2e pilier vers une institution de libre passage, il est possible de demander un splitting de sa prestation de sortie vers deux comptes ou entre un compte et une police d’assurance, pour autant qu’ils soient ouverts auprès de deux fondations différentes. Cette solution a l’avantage de pouvoir échelonner les retraits au moment de la retraite. La demande de splitting doit toutefois être effectuée avant le transfert. Mieux vaut donc l’organiser avant de trinquer avec ses futurs ex-collègues…

Chantal Guyon

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