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Le risque, indissociable du rendement

A l’heure où l’épargne et certaines obligations ne rapportent plus rien, il faut évaluer les risques qu’on veut et qu’on peut prendre pour déterminer la nature de ses placements. Exemple avec un capital de 100 000 fr.

Les taux d’intérêt des comptes d’épargne ont fondu au fil des ans, au point d’être, désormais, rachitiques, et le revenu de nombreuses obligations, comme cel­les de la Confédération, est même carrément négatif. Laisser son bas de laine travailler pour soi en dormant tranquillement sur ses deux oreilles n’est plus qu’un rêve. «Les investisseurs font face à un dilemme: s’ils veulent la sécurité, ils doivent quasiment renoncer à tout rendement. Mais, s’ils cherchent une certaine rentabilité, ils doivent prendre des risques», résume Benoît Théodoloz, spécialiste patrimonial de la société de conseils financiers VZ.

Capacité et propension aux risques

Une solution consiste à s’inspirer de la pratique des banques. Lorsqu’un client leur demande de placer son argent, la plupart des établissements s’attachent d’abord à cerner son profil. Il s’agit, notamment, de déterminer sa capacité et sa propension à prendre des risques, deux éléments essentiels pour définir une stratégie de placement.

  • La capacité résume, en quel­que sorte, le volume de perte qu’un investisseur peut assumer sans être financièrement mis en difficulté. Elle se fonde sur sa situation tant personnelle qu’économique, son horizon temporel d’investissement et ses objectifs. Exemple: un particulier qui souhaite pouvoir disposer à court terme du capital placé doit miser sur la sécurité.
  • La propension, elle, est une notion subjective, qui vise à délimiter la résistance psychologique et l’aversion aux pertes. Ne pas garder son sang-froid en cas de turbulences sur les marchés peut conduire à de fâcheuses décisions, notamment de vendre au pire moment…

Que vous désiriez placer votre argent vous-même par le biais d’une plateforme de trading en ligne ou que vous le confiiez à un conseiller bancaire, ces deux éléments sont fondamentaux pour déterminer la stratégie qui vous convient. «La composante la plus conservatrice doit l’emporter», précise encore Nicolas Rosset, responsable d’équipe pour les clients privés a Credit Suisse. Ainsi, si vous avez une haute propension mais une faible capacité, c’est ce dernier élément qui doit guider vos placements. En résumé, ne vous exposez pas à des risques que vous ne pouvez ou ne voulez pas assumer, financièrement ou psychologiquement.

Actions, obligations, etc.

Dès lors, si l’on souhaite, par exemple, investir 100 000 fr. en obtenant un tant soit peu de rendement, que faire? Revenons aux banques, qui appliquent, aujourd’hui comme hier, un principe de base simple: plus un client peut et veut prendre des risques, plus la part d’actions dans son portefeuille sera élevée, le plus souvent sous forme de fonds. A l’inverse, quand une personne recherche la sécurité, la part d’obligations est prépondé­rante. Souvent, on trouve aussi, dans les portefeuilles proposés, des placements dits «alternatifs», comme les fonds immobiliers, les matières premières ou les hedge funds. Faiblement corrélés aux marchés, ils permettent d’obtenir un rendement positif même en cas de baisse des cours.
Le Fonds Raiffeisen Global Invest Yield, destiné aux personnes «avec une propension au risque inférieure à la moyenne» est par exemple composé de 57,8% d’obligations, 25,3% d’actions, 13% de placements alternatifs et 3,3%
de liquidités. Avec une propension moyenne, les actions passent à 45,1%, les obligations à 35,2%, les placements alternatifs à 15,1% et les liquidités à 4,6%. Destiné aux clients ayant une propension supérieure à la moyenne, le Global Invest Growth comporte pas moins de 62,9% d’actions, 12,9% d’obligations, 15,3% de placements alternatifs et 8,9% de liquidités.

Notre tableau, qui constitue un exemple de trois placements, pour un homme de 50 ans, avec un horizon d’investissement de plus de dix ans et qui n’a pas besoin de retirer son capital jusqu’à la retraite, va plus loin encore, avec trois profils de risques comportant de 0% à 75% d’actions, sous forme d’ETF. Ces fonds de placement, qui reproduisent des indices boursiers importants, permettent aux investisseurs de s’exposer à l’ensemble d’un marché par le biais d’une seule transaction. Ils engendrent aussi des frais raisonnables.

Investir soi-même

Donner des conseils globaux pour des personnes désirant investir seuls demeure extrêmement délicat. Il s’agit avant tout de recueillir diverses opinions pour se forger la sienne. Cela dit, on sait que, à l’heure actuelle, les obligations d’Etat européens offrent très peu de revenu, les taux d’intérêt de certaines d’entre elles, comme celles de la Confédération, étant parfois même carrément négatifs. «Certains pays en développement comme la Chine proposent des rendements un peu plus élevés, note Philippe Thévoz, porte-parole de Raiffeisen. Il y a aussi les high yields, des émissions obligataires à haut rendement, mais le risque est bien plus grand.» On peut bien évidemment opter pour des fonds en obligations, comme le rappelle notre tableau, garants d’une certaine diversification.

Les avis divergent sur le marché des actions. Certains experts estiment que les valorisations sont hautes actuellement et qu’une correction est possible à court terme. Philippe Thévoz soutient que cette catégorie demeure «très attractive même si elle l’est moins que l’an passé. Le marché est soutenu par le fait que la Banque centrale européenne injecte actuellement beaucoup de liquidités dans l’économie.» Mais, si vous décidez d’acquérir des actions d’entreprises, n’oubliez pas que vous devez avoir des nerfs solides!

Sébastien Sautebin

Télécharger le tableau récapitulatif