
Etiquettes à valeurs variables
Les plus mauvais classements pour un frigidaire correspondent à «A++» mais à «F» pour les fenêtres…
Voilà vingt ans que des étiquettes donnent des informations sur la consommation énergétique de différents produits. Tout a commencé très simplement: une balise indiquait, sur une échelle allant d’un A, de couleur verte (très bon), à un G, rouge (très mauvais), la classe d’efficience de l’appareil. Mais tout s’est compliqué avec le temps: aujourd’hui, par exemple, l’échelle d’un réfrigérateur va de A+++ à D, les classes E et G ayant disparu.
Du coup, le consommateur qui achète un modèle affichant un A++ pense acquérir un appareil très économe sur le plan énergétique. Il se trompe… Car, désormais, plus aucun frigidaire inférieur à la classe A++ ne peut être vendu en Suisse! Autrement dit, la note A++ est certes la deuxième du classement, mais aussi la plus mauvaise! Et le reste de l’échelle (de A+ à D) n’est là que pour le décor…
Même raisonnement pour les machines à laver, mais avec une classe de plus: seuls des modèles notés entre A+++ et A+ sont proposés dans les commerces suisses, alors que l’échelle reproduite sur l’étiquette va jusqu’à D. En revanche, l’évaluation des hottes d’aspiration, tout comme celle des machines à café, en sont restées à l’ancien système et varie entre A et G…
Pour clarifier la situation, nous avons créé le tableau récapitulatif reproduit ci-contre, qui permet de savoir exactement à quoi correspond la note attribuée à chaque produit, qu’il s’agisse d’appareils électroménagers, de pneus ou de fenêtres. Avis: il n’est pas exclu que certains produits proposés dans les magasins soient encore munis d’anciennes étiquettes, mais cela veut dire que leur évaluation ne correspond pas à la situation actuelle.
Le progrès responsable de la gabegie
Mais comment en est-on arrivé à une pareille gabegie? A cause – et c’est plutôt rassurant
– des progrès technologiques qui ont permis de réduire drastiquement la consommation énergétique de certains appareils. Si l’on utilisait l’échelle introduite il y a vingt ans, tous les réfrigérateurs actuellement en vente obtiendraient la note A. On a donc imaginé des classements encore plus sévères permettant de distinguer le bon du meilleur, et supprimer les notations inférieures qui ne servent plus à rien, mais pas toutes!
De gros progrès aussi ont été constatés dans la consommation de carburant, les émissions de CO2 et l’efficacité énergétique des automobiles en général. L’échelle varie pourtant toujours de A à G, mais les critères de classement sont renforcés tous les 1er août, avec une période transitoire allant jusqu’à la fin de chaque année. Il est donc possible qu’un modèle classé A en 2014 corresponde à un B en 2015.
Marco Diener / cc


