
Peu de souplesse avec les cartes de crédit
Un client de Viseca voulait que la date de facturation de sa VISA soit retardée pour pouvoir payer dans les temps. Mais l’émetteur a refusé.
Patrice Duchêne n’en croit toujours pas ses oreilles, lui qui pensait bien faire en choisissant une carte de crédit Visa auprès de sa Banque Raiffeisen. Seulement voilà, l’émetteur, Viseca, envoie ses factures le 11 de chaque mois et fixe un délai de paiement de 15 jours. Les clients doivent donc régler, grosso modo, leurs factures autour du 25. Mais notre lecteur, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, ne reçoit son salaire (une rente en l’occurrence) qu’à la fin du mois. Par conséquent, il se retrouve à chaque fois dans l’impossibilité de régler sa facture dans les temps. Et doit donc payer des intérêts moratoires qui s’élèvent à 14,93% du crédit, à courir de la date de facturation, soit à partir du 11 dans son cas.
Refus de Viseca
Pour ne pas avoir à payer de tels frais, Patrice Duchêne s’adresse à Viseca, par l’intermédiaire de sa banque, pour obtenir une date de facturation plus tardive. Mais ce dernier n’entre pas en matière et rejette sa demande. Interpellé à ce propos, l’émetteur n’a pas jugé le délai imparti (10 jours) suffisant pour prendre position, contrairement à tous ses autres concurrents (voir tableau).
De son côté, notre lecteur, bien décidé à ne pas se laisser faire, s’est mis en quête d’un autre prestataire, plus accommodant. Et là, bingo! Sa persévérance est récompensée, puisque le Touring Club suisse (TCS), dont l’émetteur de cartes est Cembra Money Bank, laisse le choix aux clients d’opter entre six dates de facturation, même s’il faut en faire expressément la demande.
Choix de la date
Mais cette pratique n’est pas toujours la règle. De même que Viseca, PostFinance et BonusCard ne laissent pas aux clients la possibilité de choisir la date d’émission de leurs factures. Et, généralement, les sociétés émettrices de cartes de crédit imposent des conditions assez strictes. Ainsi, il faut régler son dû dans un délai de 10 à 25 jours avec, en cas de retard, des intérêts moratoires variant entre 9,9% et 15% (maximum légal) qui courent dès la facturation. Et même, parfois, à partir de la date d’enregistrement de la transaction, comme avec une Cornèrcard. Enfin, tous les émetteurs, sans exception, imposent des frais de rappel, qui s’élèvent généralement à 20 fr.
Régler par LSV
Pour éviter ces coûts supplémentaires, on peut avoir recours au système de recouvrement direct (LSV), une option pratique, mais non sans risques. Car, si l’émetteur débite le montant d’une facture alors que le compte n’est pas approvisionné, il faut, là aussi, s’attendre à payer des intérêts. Pour éviter ce genre de mauvaises surprises, il faut donc constamment vérifier que son compte soit suffisamment alimenté. Pour ceux qui ne sont pas en mesure de l’assurer, mieux vaut donc régler les factures par bulletin de versement ou opter pour la facture électronique.
Marie Tschumi


