
UBS cible ses offres
Jusqu’où une banque peut-elle exploiter les données de ses clients? En 2014, PostFinance défrayait la chronique en utilisant les informations tirées du trafic des paiements. But de l’opération: cibler les publicités adressées par des tiers aux titulaires des comptes en fonction de leurs habitudes. Le géant jaune s’était fait tirer l’oreille par le préposé fédéral à la protection des données (lire TCF 10/2014).
C’est maintenant au tour de UBS de modifier ses conditions générales, au grand dam d’un client, Christophe Friedli de La Tour-de-Peilz.
Ce dernier se voit désormais contraint d’autoriser sa banque «à communiquer aux sociétés du groupe en Suisse des données clients à des fins commerciales», avec effet rétroactif au 1er janvier 2015.
Toutefois, ici, les informations sensibles ne sortiront pas du groupe: «UBS ne vend
aucune donnée client à des tiers, mais les met à disposition à l’intérieur du groupe, à la suite de la création de la nouvelle filiale UBS Switzerland SA», explique son porteparole. La banque proposera certes à ses clients des produits financiers (comptes 3a, hypothèques, etc.) selon leur profil, mais pas d’offre publicitaire pour une voiture. Notre lecteur s’indigne tout de même: «Je ne trouve pas normal qu’une institution change ses conditions unilatéralement, sans donner, en
contrepartie, la possibilité de mettre fin à la relation bancaire. Ce qui m’est impossible, puisque je suis lié à ma banque jusqu’en 2021 par un contrat d'hypothèque.»

