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Faites du sport… mais tranquillement!

En Suisse, près d’un quart des jeunes souffrent de surpoids. Raisons principales: de mauvaises habitudes alimentaires et un manque d’activité physique. «Bougez!», clament les milieux de la prévention. ça tombe bien, car toujours plus de sports plus fun les uns que les autres tentent d’attirer les jeunes loin de leurs écrans de TV en leur promettant des sensations fortes: accrobranche, via ferrata, cascade de glace, sports de combat, descente au guidon de VTT aux pneus géants…

Oui, mais voilà, ces activités comportent des risques que les assurances accidents rechignent à couvrir. Un jeune homme vient d’en faire l’amère expérience: alors qu’il pratiquait le «dirt» – sauts et figures en VTT – dans un bikepark de Lenzburg (BE), il s’est brisé le poignet à la réception d’un saut. Et s’est vu privé par la Suva de la moitié de ses indemnités pour perte de gain. Or, le Tribunal fédéral vient de donner raison à l’assureur, en décidant d’ajouter les acrobaties en vélo dans la liste des «entreprises téméraires absolues» qui donnent lieu à une réduction des prestations.

La facilité avec laquelle une activité peut soudain intégrer cette liste est déconcertante: qui sait si, demain, l’alpinisme, la nage en rivière ou même le ski ne rejoindront pas les disciplines dans lesquelles les accidents ne sont que partiellement assurés? On comprend les parents qui hésiteraient, désormais, à laisser leur ado se lancer dans un skatepark au guidon d’un BMX. Ou les écoles qui, déjà, ont renoncé aux camps de ski en raison des problèmes de responsabilité croissants qu’ils impliquent.

Dans notre société du risque zéro, il semble qu’il vaille mieux faire des acrobaties et dévaler des pentes avec une manette de jeu vidéo à la main. On y risque, tout au plus, une foulure du pouce. Et pour le surpoids? On s’en débarrassera bien avec une loi ajoutant sucreries, fondue et saucisson dans une liste des «consommations téméraires absolues»… 

Vincent Cherpillod