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Des leasings même aux poursuites

Quand on peine déjà à payer ses factures, il faut faire des choix. Et éviter de contracter un leasing, même si des sociétés le permettent.

Elles s’appellent ALB AG, Best Leasing ou encore Wefinance et elles ont toutes un point commun: celui d’accorder des leasings même si le client est aux poursuites! Mais, évidemment, pour compenser des risques importants, les coûts sont calculés en conséquence, et donc plus élevés.

Gros investissement

Des frais sont d’abord exigés lorsqu’on dépose son dossier (entre 200 fr. et 350 fr. selon les entreprises). Or, dans certains cas, cet argent n’est pas restitué si la demande est refusée… Ensuite, il faut verser une caution ou un acompte qui s’élève globalement à 10% de la valeur du véhicule (lequel est généralement issu du réseau de garagistes travaillant avec la société).

Quant au taux d’intérêt appliqué, il serait «au niveau du marché actuel», mais aucune société ne communique son montant exact! Une exception: Best Leasing, qui nous a informés qu’il se situait à 9,5% par année. Difficile, dès lors, de savoir précisément ce qu’il faudra débourser… Sur le site d’ALB AG par exemple, les mensualités sont d’ores et déjà fixées pour chaque véhicule. Ainsi, pour une VW Polo (avec près de 33 000 km au compteur), elles s’élèvent à 349 fr. Mais aucune information sur la durée du remboursement n’est donnée. Et, malheureusement, malgré de nombreux e-mails et échanges avec le directeur d’ALB AG, Philipp Fuhrer, nous n’avons pas réussi à obtenir des explications claires à ce propos.

Enfin, rappelons qu’il faut encore prendre en compte toutes les autres dépenses (assurances RC et casco complète, taxes d’immatriculation, services, essence etc.), qui peuvent facilement atteindre plusieurs milliers de francs par année.

Tous ces frais additionnés peuvent rapidement devenir un problème pour ceux qui ont déjà des difficultés financières. Or, la loi fédérale sur le crédit à la consommation (LCC) est très claire à ce sujet et exige, notamment, que le client soit en mesure de rembourser un prêt dans un délai de trois ans, pour le protéger contre le surendettement.

Les entreprises sont donc censées calculer les dépenses de leurs clients dans le détail (enfants, impôts, etc.) pour connaître leur situation financière. Or, dans la plupart des cas, les documents demandés (fiches de salaires, copie de la carte d’identité, etc.) ne suffisent pas à établir un constat clair. Et parfois, comme chez ALB AG, la LCC ne s’applique même pas, car le contrat peut être résilié de façon anticipée sans frais supplémentaires (art.1, al.1, lit.a LCC).

Penser à ses priorités

Avant de se lancer dans de pareilles dépenses, une personne aux poursuites doit se poser les bonnes questions (lire encadré). Et, au cas où l’acquisition d’une voiture lui paraît indispensable, elle doit s’adresser à l’Office des poursuites et le lui démontrer, précise Olivier Cruchon, chef de l’Unité d’assainissement financier (UnAFin) du Service social de Lausanne. L’Office a, dès lors, un pouvoir d’appréciation: s’il détermine que le véhicule est vraiment nécessaire (pour garder un travail, par exemple), le minimum vital est augmenté en conséquence.

A l’inverse, dans le cas où la personne n’informe pas les poursuites, elle devra, pour payer son leasing, puiser dans l’argent initialement prévu pour vivre (loyer, Billag, nourriture, etc.). Alors, certes, pendant deux, voire trois mois, elle pourra se serrer la ceinture, mais, au-delà, il s’agit de faire des concessions quasi impossibles, et les conséquences peuvent être désastreuses.

Marie Tschumi