
L’airbag n’est pas un coussin douillet
Dispositif de sécurité incontournable, l’airbag peut protéger, mais aussi causer des blessures.
Les coussins gonflables de la marque japonais Takata ont fait grand bruit l’an dernier. Susceptibles d’exploser et de projeter de dangereux fragments de métal et de plastique sur les passagers, ils ont provoqué le rappel de plus de 20 millions de véhicules dans le monde depuis 2008. Si Honda est le plus touché, d’autres grands constructeurs automobiles, comme Toyota ou Nissan, sont concernés.
C’est un comble qu’un tel équipement puisse présenter des risques pour les occupants, alors qu’il est censé les protéger d’éventuels impacts! Mais, même lorsqu’ils ne sont pas défectueux, les coussins gonflables ne sont pas toujours aussi efficaces qu’ils n’y paraissent. Des chercheurs en médecine légale de l’Université de Munich ont, notamment, souligné que les airbags latéraux étaient souvent trop petits. Par conséquent, ils protègent bien le haut du corps, mais pas suffisamment les hanches et le bassin. Or, ce sont bien ces parties-là qui sont exposées aux pare-chocs des voitures qui entrent en collision latérale.
Gare aux traumatismes
Si l’on ne peut nier leur action salutaire en cas d’accident, les airbags peuvent également causer des dégâts lorsqu’ils se déclenchent. C’est que leur vitesse de déploiement élevée – près de 300 km/h – peut causer des traumatismes importants. C’est ce qu’a révélé, en 2004, une étude de l’Université du Tennessee qui se basait sur toute la littérature médicale publiée sur le sujet depuis 1970.
La liste des lésions associées au déclenchement de l’airbag est longue: aorte sectionnée, contusion du myocarde, fracture des côtes et du sternum, et on en passe. Les progrès techniques ont certes permis de rendre les coussins gonflables moins dangereux, mais les risques de brûlures sur les bras et de traumatisme facial restent bien réels. C’est surtout vrai pour les personnes qui ont une position de conduite proche du volant, ce qui est généralement le cas des automobilistes de petite taille (moins de 150 cm).
Aussi, on estime que le conducteur ne devrait pas être assis à moins de 25 cm du centre du volant. Le passager devrait, pour sa part, être à une distance supérieure à 30 cm du tableau de bord où est logé le coussin gonflable. On sait aussi que ce dernier peut être fatal à un enfant dont le siège est positionné dos à la route. Si ces trois conditions ne sont pas remplies, il est donc impératif de déconnecter les airbags. Sur certains modèles, l’opération est très simple (molette ou système à clé), alors que, sur d’autres, elle peut nécessiter l’intervention d’un garagiste.
Bouclez-la!
Enfin, l’efficacité des coussins gonflables n’est rien sans la ceinture de sécurité. La complémentarité de ces deux éléments est essentielle pour une protection maximale, car, en cas de choc, le prétensionneur de la ceinture a pour effet de plaquer le corps contre le siège. Si l’occupant n’est pas attaché, sa tête bascule logiquement vers l’avant, avant d’être renvoyée violemment vers l’arrière par l’airbag qui se déploie. Dans ce cas, le traumatisme peut être grave, voire fatal en raison des fortes contraintes sur les cervicales.
La tentation pour les passagers de poser leurs pieds sur le tableau de bord lors de longs voyages est, elle aussi, à proscrire. Car, si l’airbag se déclenche, leurs jambes sont projetées et les genoux peuvent causer de sérieuses blessures au visage. A noter encore que les coussins gonflables peuvent parfois rendre l’intervention des services de secours difficile en cas d’accident. C’est une raison supplémentaire de glisser la fiche de secours de son véhicule derrière le pare-brise du conducteur (lire encadré).
Yves-Noël Grin


