
Pauvre révolution
L’année 2015 a commencé en fanfare, sur le plan économique du moins. Entre l’abandon inattendu, et surtout si brutal, du taux de change plancher entre l’euro et le franc et le rachat massif, largement anticipé, des dettes souveraines par la BCE, les Bourses, mais aussi nombre d’entreprises soi-disant inébranlables, ont traversé une véritable tempête.
Quelles premières conclusions peut-on tirer de ce que certains appellent, ni plus ni moins, une révolution, sachant que votre magazine tournait sur les rotatives alors que les marchés réagissaient à la stratégie européenne? D’abord qu’il n’est même pas sûr que toutes ces mesures remplissent leurs objectifs… Injecter de l’argent frais en rachetant des dettes souveraines et en réduisant les intérêts (voire en les rendant négatifs) pour pousser à consommer plutôt qu’à thésauriser peut, certes, relancer provisoirement l’économie, mais jusqu’à quand? Ce qui, visiblement, ne marche pas au Japon depuis 20 ans, fonctionnera-t-il mieux en Europe et en Suisse sous prétexte qu’il a permis une légère reprise de la croissance aux Etats-Unis? Pas sûr mais, finalement, personne ne le sait…
Donc voyons plutôt les aspects purement pratiques: les taux vont rester durablement bas. Les propriétaires peuvent s’en réjouir, les épargnants un peu moins. A part cela, rien de très concret: les prix des produits importés devront diminuer, à l’inverse des exportations et du tourisme qui vont devenir très chers, avec des risques de licenciements à la clé. L’économie semble donc réagir, alors qu’elle se confine dans une situation d’attente, voire de repli. On a vu des révolutions plus enthousiasmantes!
Christian Chevrolet

