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Ça va être salé pour les resquilleurs!

Les petits malins qui s’amusent à voyager sans titre de transport auront la vie moins facile à l’avenir. En acceptant la révision de la loi sur le transport des voyageurs, les Chambres fédérales ont durci le ton. Les fraudeurs seront inscrits dans un registre central (lire TCF 9/2014). Ainsi, celui qui se fera pincer sur différents réseaux sera considéré comme un récidiviste, ce qui n’est pas le cas actuellement. Et qui dit récidive, dit amende progressivement plus salée.

Prenons le cas de Raoul qui a fait du resquillage son sport favori.

Il pouvait, jusqu’ici, se faire coller tour à tour dans les Transports publics lausannois (TL), les Transports publics fribourgeois (TPF) et un wagon CFF sans être considéré comme un récidiviste. Il réglait à chaque fois sa contredanse de 100 fr. et le tour était joué. Avec l’instauration du registre central, c’est une autre chanson. Notre lascar paiera 100 fr. à la première infraction, 140 fr. à la deuxième et 170 fr. à la troisième!

En comparaison avec les pays voisins, le niveau des amendes est particulièrement élevé en Suisse. En France, la SNCF inflige 35 € aux resquilleurs pour les trajets inférieurs à 100 km. Pour les distances plus élevées, la prune diminue à 25 € auxquels s’ajoute le prix du billet. En Allemagne, la sanction s’élève à 60 € sur le réseau de Deutsche Bahn.

Mauvais payeurs

En Italie, la note est moins salée (50 €), mais Trenitalia fait tout pour que les voyageurs en faute paient immédiatement leur dû: sinon, la sanction monte à 100 € au cours des quinze jours qui suivent l’infraction, puis à 200 €!

Cette politique illustre toute le problème de l’encaissement des amendes pour les compagnies de transport. En Suisse, on estime que près de la moitié des fraudeurs ne paient pas. Le manque à gagner annuel des CFF avoisine les 25 millions de francs.