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Aides pour la création culturelle (II)

«Tout Compte Fait» se penchait, le mois passé, sur les subventions culturelles délivrées par les fondations privées. Voici celles disponibles auprès des cantons et de certaines villes romandes.

S’il y a pléthore d’acteurs prêts à délivrer des aides aux artistes, les chances de les obtenir semblent réduites pour les personnes ne disposant pas d’une petite renommée. C’est le constat tiré de notre première enquête sur les subventions des institutions ou des fondations privées (lire TCF 11/2014). Mais qu’en est-il de celles accordées par les autorités publiques?

à qui demander?

 Les grandes villes romandes proposent des subventions culturelles ou des bourses. C’est le cas de Genève (ville-geneve.ch), Lausanne (lausanne.ch), Neuchâtel (neuchatelville.ch/documentation), Sion (sion.ch/particuliers) et La Chaux-de-Fonds (ville-de-la-chaux-de-fonds.ch/services/affaires-culturelles). A Fribourg, il convient de se tourner vers l’agglomération de dix communes (agglo-fr.ch).

  • Les villes plus petites n’ont pas forcément une plateforme ainsi que des documents téléchargeables, mais rien n’empêche de leur soumettre une demande de soutien. Les budgets attribués à la culture sont certes plus restreints que dans les chefs-lieux, mais les bénéficiaires potentiels sont aussi moindres.
  • Les cantons représentent également une source publique. Les informations sont généralement accessibles depuis les différents sites officiels (par exemple pour Vaud: vd.ch).

Qui peut en bénéficier?

Les villes demandent généralement un lien fort entre le projet et la cité. L’artiste doit être un résident, y avoir son lieu de création ou encore y présenter son œuvre. Idem pour les cantons.

A n’en pas douter, les donateurs cibleront en premier lieu les professionnels, mais cette notion est toute relative dans un milieu où il est difficile de vivre uniquement de telles activités. Certaines bourses sont donc disponibles pour les jeunes artistes. Le célèbre écrivain Joël Dicker, par exemple, en a reçu une de la ville de Genève pour son premier ouvrage.

Il y a parfois une répartition des soutiens, la ville aidant généralement la création (par exemple: l’enregistrement d’un album) et le canton s’occupant plus de manifestations culturelles. Pour Fribourg, c’est tout l’inverse: l’«agglo» encourage financièrement les Festivals (Bad Bonn, Festival international de films de Fribourg, etc.), les clubs (Fri-Son, La Spirale, etc.) ou encore les grandes institutions, et le canton supporte «la création artistique professionnelle».

Parfois, et cela peut sembler paradoxal, il faut être préalablement soutenu pour recevoir des aides ponctuelles. C’est le cas pour Vaud qui précise qu’elles sont, en principe, accordées lorsque:

  • la commune concernée par le projet culturel apporte elle-même son soutien;
  • la Fondation Pro Helvetia aide financièrement le projet pour sa promotion et sa diffusion à l’étranger.

Est-ce simple?

Comme pour des demandes aux institutions privées, la démarche peut être un long chemin de croix. Il faut, premièrement, produire une série de documents, comme une présentation et un descriptif du projet, un curriculum vitae, un budget détaillé ou encore les statuts de l’association.

D’autres restrictions peuvent intervenir selon le domaine. Ainsi, pour la musique, «les artistes souhaitant enregistrer un album doivent avoir signé un contrat avec un label ou une maison de disques et fournir la copie de ce contrat dans leur dossier», explique le Service culturel de Lausanne.

A cela vient s’ajouter, finalement, le choix d’un jury ou du service concerné. Pour maximiser ses chances, il est parfois possible d’être conseillé dans ses démarches par un bureau culturel (lire encadré).

Loïc Delacour