
La clope et les assurances vie ne font pas bon ménage
Fumer peut coûter cher à la conclusion d’une assurance décès. Jusqu’à 2,4 fois plus que pour une personne qui n’a pas cédé à la tentation.
On a tendance à l’oublier, mais notre mode de vie et notre état de santé peuvent influencer le coût d’une assurance vie risque pur.
Et pas qu’un peu! Jugez-en plutôt: à Bâloise, un non-fumeur de 40 ans paie une prime annuelle brute de 608 fr. pour une assurance décès. Mais, si ce même homme coche la case fumeur, il lui en coûtera un peu plus du double, soit 1247 fr. selon un comparatif mené par la société Roth Gygax & Partner. Et la différence est pire encore à SwissLife, où le tarif est multiplié par 2,4.
PAX, en revanche, est moins gourmand: compter 1105 fr. pour les amateurs de clopes contre 738 fr. pour ceux qui n’y touchent pas (voir tableau).
Trop risqué
Pour justifier ces surprimes, les assureurs rappellent que le tabagisme est l’une des principales causes de décès précoce. Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), une personne qui fume régulièrement pendant sa vie d’adulte perd en effet 14 années de vie, en moyenne. Résultat: en Suisse, le tabac cause quelque 9000 décès prématurés par an. Les compagnies risquent donc de devoir verser le capital avant l’échéance du contrat. Elles prennent, par conséquent, leurs précautions et adaptent le montant de la prime en fonction du risque médical. En revanche, si la personne assurée renonce à la cigarette en cours de contrat, elles acceptent souvent de recalculer le montant de la prime après un délai de carence variant entre un an et trois ans. C’est le cas de toutes les compagnies que nous avons interpellées, à l’exception de SwissLife, qui refuse d’entrer en matière.
Attention enfin: mieux vaut ne pas dissimuler délibérément son statut de fumeur. Selon la loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), l’assureur peut, en effet, faire valoir une réticence et résilier le contrat par écrit dans les quatre semaines à compter du moment où il a eu connaissance de l’information, sans devoir, pour autant, restituer le montant des primes versées jusque-là!
Chantal Guyon


