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Pas à bien plaire, le 13e salaire

En Suisse, neuf employés sur dix reçoivent, à la fin de l’année, un 13e salaire ou une gratification. Le premier n’est pas prescrit par la loi, mais le patron est tenu de s’en acquitter quand il fait partie du contrat. Si le salaire varie de mois en mois, on retiendra la moyenne annuelle. Il est généralement attribué à la fin de l’année, parfois en deux fois (juin et décembre). Les employeurs le versent souvent avant Noël, mais ce n’est pas une obligation, pourvu qu’il arrive avant la fin du mois.

Les salariés qui quittent leur emploi en cours d’année touchent le 13e salaire au pro rata des mois passés dans l’entreprise. Celui qui donne son congé pour la fin du mois de mars en percevra ainsi le quart. Et, si on touche des indemnités journalières (maladie, congé maternité, service militaire), le 13e salaire sera généralement amputé en proportion. Elles sont, en effet, calculées sur le salaire annuel.

Quant aux travailleurs engagés à l’heure et qui ont aussi droit à un 13e, il leur est généralement payé mensuellement. Le tarif horaire est alors augmenté de 8,33%.

La gratification est, en revanche, accordée à bien plaire. Ce n’est pas un dû et son montant peut varier selon les années. Elle n’entre donc pas dans le calcul de la rémunération en cas d’accident, de maladie ou de licenciement. Ceux qui partent en cours d’année n’y auront en outre pas droit. Si le montant octroyé dépend de la longévité du salarié dans l’entreprise ou du chiffre d’affaires obtenu, on parle de prime. Les bonus, quant à eux, ont un statut à part: ils sont considérés, selon leur importance par rapport au salaire régulier, comme part intégrante de celui-ci ou comme gratification.

Toutes ces rallonges ont un point commun: elles sont amputées des cotisations sociales. Elles ne devraient cependant pas être intégrées dans le budget ordinaire du ménage, qui sera réparti sur douze mois, pour être réservées aux imprévus ou à l’épargne. «Le mois de décembre, met en garde l’organisation Budget-conseil Suisse, est souvent plus coûteux que prévu, entre les cadeaux, les menus de fêtes… et les soldes de janvier.»