
Un très gros paquet
Le Conseil fédéral met le paquet! Un gros, un très gros, vraisemblablement un trop gros paquet pour des Chambres à l’esprit réputé petit lorsqu’il s’agit d’adopter une réforme consensuelle, celle de la prévoyance professionnelle en l’occurrence.
Pourtant, le projet est plutôt cohérent. Alain Berset a tiré les leçons du refus populaire tant de la 11e révision de l’AVS, en 2004, que de la diminution du taux de conversion du 2e pilier, en 2010. Il propose donc un ensemble soudé et tente de faire passer le message: c’est tout ou rien.
Mais tout, c’est beaucoup de choses à la fois: l’âge de la retraite qui passe de 64 ans à 65 ans pour les femmes, la baisse du taux de conversion de 6,8 à 6% (alors que trois Suisses sur quatre ont refusé une baisse à 6,4% il y a quatre ans), la suppression des rentes de veuves pour les épouses sans enfants à charge, l’augmentation du taux de la TVA d’un point, etc.
Certes, le ministre socialiste avance prudemment et plutôt habilement. Nos calculs le prouvent: les mesures de compensation prévues pour éviter la diminution des rentes du 2e pilier ne sont pas de la poudre aux yeux, même s’il faudra payer des cotisations plus élevées lors de la vie professionnelle. De même, la hausse de la TVA sera atténuée au terme de l’assainissement de l’AI, en 2017, par une réduction de 0,3%.
Il y a, cependant, peu de chances pour que le paquet passe en l’état. Et l’expérience montre que, lors des débats, les modifications imposées par le Parlement se font le plus souvent sur le dos des assurés, qui refusent ensuite le solde en votation. La réforme n’est donc pas gagnée.
Christian Chevrolet

