
Des aides pour la création culturelle
Envie d’enregistrer un album, d’écrire un livre ou d’organiser un concert? Les projets culturels peuvent être financés par l’intermédiaire de dons ou de subventions.
Bonne nouvelle pour les artistes: on trouve, en Suisse, de nombreux acteurs prêts à subventionner la création sous toutes ses formes. Mais ces aides sont-elles accessibles à tout un chacun? Réponse dans un premier volet consacré aux aides provenant des fondations privées*.
A qui demander?
Plusieurs organismes proposent des aides à la création culturelle.
- Parmi les plus connus, on trouve notamment le Pour-cent culturel de Migros. Le site pour-cent-culturel-migros.ch fournit les principales informations. Il redirige également les personnes vers les coopératives locales si la demande est à caractère régional. Des formulaires en ligne sont parfois disponibles et facilitent la démarche.
- La Loterie Romande (entraide.ch) verse cinq sixièmes de ses bénéfices aux organes de répartition des six cantons romands. Ceux-ci redistribuent ensuite l’argent pour des projets en lien avec différents domaines (social, santé, environnement, etc.), mais aussi pour la culture.
Il convient donc de s’adresser aux responsables du canton d’habitation, par exemple la Délégation jurassienne à la Loterie Romande (entraide.ch/fr/jura) pour les Jurassiens. Chaque canton dispose d’un budget différent en fonction de sa population, mais aussi du revenu de la loterie dans ses propres limites géographiques.
- Pro Helvetia (prohelvetia.ch) est un autre acteur majeur, entièrement financé par des deniers publics par le biais de la Confédération. La fondation est active dans les domaines des arts visuels, de la musique, de la littérature, du théâtre et de la danse. Les subventions sont accordées pour des aides à la création, l’organisation de manifestations (concerts, expositions, festivals, etc.), la publication de livres photographiques ou encore l’échange de savoir. Le site myprohelvetia.ch permet de faire une demande de soutien.
D’autres mécènes existent en Suisse. Une personne désireuse d’enregistrer un album de musique actuelle, par exemple, pourra tenter sa chance auprès de la Fondation cma (fcma.ch). Une liste complétée est disponible sur la plateforme promotionculturelle.ch. On y trouve des fondations ainsi que d’autres sources de soutiens privés ou publics, selon les cantons et les secteurs culturels.
Qui peut en bénéficier?
Les aides de la Loterie Romande comme celles du Pour-cent culturel Migros ne sont disponibles que pour les organisations dotées d’une personnalité juridique (fondation, institution ou autre association). Une exception toutefois pour l’organe de Migros: le soutien aux jeunes talents.
Notons qu’il est facile de créer une petite association mais celle-ci doit être au moins composée de deux, voire de trois personnes selon les experts (lire notre article «Créer une association? Simplissime!», TCF 1/2014).
Pro Helvetia, cependant, accepte les requêtes provenant de particuliers. Toutefois, la fondation soutient uniquement «des œuvres et des projets d’artistes ou d’institutions culturelles de renommée suprarégionale», ce qui rend l’accès à la bourse ou au subside plus difficile, voire quasi impossible pour un particulier non professionnel.
Est-ce simple?
Hormis le fait que les aides ne sont parfois délivrées qu’à des associations, des institutions ou pour des projets d’envergure nationale, la démarche est parfois aussi compliquée.
Ainsi, pour obtenir un don de la Loterie Romande, il est nécessaire de remettre un dossier complet à l’organe de répartition contenant notamment une lettre de demande, un descriptif, un budget détaillé, le plan de financement, mais aussi les documents en lien avec l’association (rapports d’activité, comptes de l’année écoulée, etc.).
Généralement, la sélection finale des projets soutenus s’opère par l’intermédiaire de trois filtres: des critères formels prédéfinis, la hauteur de la contribution demandée et, finalement, le choix plus subjectif d’un jury. Autant le dire, donc, une demande de subside peut être compliquée, surtout si le requérant ne bénéficie pas, au préalable, d’une petite notoriété dans le domaine culturel.
Loïc Delacour
*Le mois prochain, nous nous consacrerons aux subventions culturelles délivrées directement par les cantons et certaines villes romandes.


