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Ma boutique sur Facebook

Une lectrice nous raconte comment elle arrondit ses fins de mois en s’improvisant vendeuse d’habits via son compte Facebook. Mais est-ce légal?

Un petit bonus de 1000 fr. en fin de mois? Les revenus accessoires sont indispensables pour certains et découlent souvent de petits jobs désagréables. Or, pour mettre du beurre dans les épinards, rien ne coûte d’innover. C’est le cas de Sarah*, une de nos lectrices qui a transformé son profil Facebook en catalogue d’habits en ligne.

L’avantage du réseau social est qu’il regroupe les fonctionnalités essentielles d’un site de vente: présenter la marchandise et interagir avec l’acheteur. «En premier lieu, décrit Sarah, j’ai dû trouver un fournisseur à qui acheter la marchandise à petits prix, directement sortie d’usine.» Les grossistes asiatiques sont nombreux, mais ne proposent pas tous l’achat à l’unité. Sur alibaba.com, par exemple, il faut souvent commander 200 pièces au moins. Sarah préfère des plateformes comme aliexpress.com ou dhgate.com, qui propo­sent de nombreux articles à la pièce, exempts de frais de port. Exemple: une robe de soirée à 9.43 $ (9.10 fr.) qu’elle pourra se permettre de revendre 30 fr.

«J’ai ensuite créé un album de photos par catégorie de vêtements sur mon profil. Tout le monde peut voir les images, les commenter et m’envoyer un message privé pour demander un renseignement ou passer commande. Dans ce dernier cas, je demande à l’acheteur de virer l’argent sur mon compte bancaire et je commande l’article à mon fournisseur en Chine.» Les colis arrivent par La Poste chez Sarah, qui se charge de les faire suivre à ses clients.

«Je me suis lancée il y a environ un an, à côté de mes études, explique Sarah. Les ventes ont démarré très fort. En y consacrant deux heures par jour, j’ai gagné plus de 1000 francs le premier mois.» Le système est donc simple et peut être rentable, mais les bénéfices dépendent de l’énergie qu’on y consacre et de la promotion de la boutique virtuelle. A cette fin, Facebook propose, notamment, la création de publicités payantes: pour 5 fr. par jour, il est possible d’avoir une annonce visible dans le fil d’actualité du monde entier, en ciblant le public selon une dizaine de critères précis.

Les problèmes

En amont, l’organisation n’est toutefois pas aussi simple qu’il y paraît, car toutes les transactions avec la Chine s’effectuent par internet. Dès lors, à moins d’anticiper la demande en se constituant un petit stock, il n’est pas possible d’évaluer la qualité des habits avant d’avoir conclu la vente. Par chance, Sarah n’a reçu, jusqu’à présent, que deux fois des habits qui ne ressemblaient pas aux photos lors de la commande. «Selon l’article, il est possible de le retourner au fournisseur sous dix jours et d’être remboursée, mais les frais de port sont alors à ma charge.»

Autre problème: le délai de livraison. Pour maximiser son bénéfice, il vaut mieux choisir des articles exempts de frais d’expédition. Or, dans ce cas, le colis peut mettre jusqu’à un mois pour arriver de Chine! Seule solution: faire profil bas et prévenir son client.

Par ailleurs, les conditions générales de Facebook stipulent qu’il est interdit d’utiliser son compte personnel à des fins commerciales. Sarah a d’ailleurs vu son profil de vente supprimé par les modérateurs du site sans aucune explication. Elle a réagi en créant une page avec ses articles. Car, à l’inverse des profils personnels – Facebook nous l’a confirmé – rien n’empêche d’utiliser son contenu pour vendre des habits.

Contraintes

Techniquement, donc, tout le monde est libre de monter son business de la sorte. Mais personne, ou presque, n’échappera aux cotisations AVS et aux impôts.

  • Pour l’AVS, c’est plutôt complexe! Tout dépend de la catégorie d’activité qui sera retenue (indépendante, accessoire, salariée…). Il faut alors se renseigner directement auprès de sa caisse de compensation.
  • En revanche, tous les revenus tirés de la vente d’habits par le biais d’une page Facebook sont intégralement imposables et soumis à la TVA si le chiffre d’affaires dépasse 100 000 fr. par an.

Malika Scialom

*Prénom d’emprunt.