
12 châteauneufs-du-pape rouges : ces châteauneufs qui trônent dans les supermarchés
Gorgé de soleil, sur la rive gauche du Rhône, tout au sud, le vignoble de Châteauneuf-du-Pape donne des vins rouges riches en alcool et en arômes. Notre palmarès dans les supermarchés.
Qui dit supermarché sous-entend vins de négociant. Et précisément, le négociant Michel Chapoutier, de Tain-L’Hermitage est incontournable dans toute la vallée du Rhône. Non seulement il est propriétaire d'une trentaine d'hectares à Châteauneuf-du-Pape, pour des cuvées haut de gamme, mais il propose aussi des vins de négoce, comme Les Grands Merisiers, issu de vendanges achetées. Et c’est sa bouteille, la plus chère de notre dégustation, vendue par Manor à près de 40 fr., qui figure en tête, assez nettement détachée.
Avantages aux 2011 et à un 2013
Appellation d’origine traditionnelle reconnue dès les années 1930 (une des premières de France), Châteauneuf-du-Pape est une mosaïque de terroirs et de cépages, sensible à l'effet millésime (lire encadré). Dans ce contexte, les quatre 2011 de notre dégustation sortent du lot. L’effet de surprise vient du seul 2013, des vignobles Gabriel Rey (un domaine très présent chez Coop) à Gigondas, un rouge équilibré et typé, à un prix raisonnable (18.95 fr.), compte tenu de la médiane de notre dégustation (25 fr.).
Le troisième classé, issu d'un grand domaine de 70 ha sur Châteauneuf, Château Saint Jean, appartient à la famille Meffre, autre nom connu du négoce rhodanien.
Puis, le Clos de l’Oratoire des Papes vient du chais d'un des plus gros metteurs en marché castelpapaux, Ogier. Il a été préféré dans sa version 2011, chez Denner, au 2012, déjà disponible chez Aligro, d'un style plus moderne (qui ne figure pas sur le tableau).
Suit une cuvée du domaine Saint-André, le 2012 du lieu-dit La Petite Crau, à l'est d'un des plus fameux terroirs, le plateau de la Crau, fait de galets roulés. Puis, deux étiquettes d'Ogier, encore.
Le dernier du classement, la Fiole du Pape (Aldi), a la particularité de ne pas afficher de millésime et de revendiquer l'assemblage de plusieurs années, ce qui est possible légalement.
Les 2012 à la traîne
Entre deux prend place le gros des 2012, qu'une récente visite sur place, à Châteauneuf-du-Pape, montrait pourtant sous un angle charmeur dans plusieurs domaines. Mais, là, il s'agit de vins de négociants, dont deux, classés 8e et 9e, sont mis en bouteilles dans le Beaujolais, sous l’AOC Châteauneuf-du-Pape. Quant à l'avant-dernier, c'est celui du plus petit domaine (une douzaine d'hectares), vinifié par son propriétaire et vendu à près de 30 fr. par Coop dans la ligne FineFood: son côté surmûri et animal rappelle le vieux style des châteauneufs-du-pape.
L’AOC du même nom défend la notion d'assemblage, où le grenache exerce pourtant sa domination, sur 80% des 3200 ha (soit 5% de la surface totale des Côtes-du-Rhône qui affichent, du nord au sud, 70 000 ha). En théorie, une quinzaine de cépages peuvent entrer dans sa composition. Certains sont «complantés» (soit mélangés dans la vigne) avec le grenache, accompagné, le plus souvent, par de la syrah, du mourvèdre et du cinsault.
Comme pour le reste des Côtes-du-Rhône, la Suisse reste un gros acheteur de châteauneufs, figurant en 2013 au 6e rang, derrière le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Benelux, pour un demi-million de cols par an, soit 5,5% de la production, exportée à 70%.
Pierre Thomas


