
Quand les transports font mal
Pour les plus sensibles d’entre nous, les voyages en voiture, en bateau ou en avion provoquent des nausées et des vomissements.
Une fondue dans un charmant restaurant de montagne? Vous en rêviez depuis longtemps! Le jour J, le voyage jusque dans les cimes s’est pourtant transformé en un véritable calvaire. Du coup, une fois arrivé là-haut, vous n’avez rien avalé, tout écœuré que vous étiez. Félicitations, vous venez de rejoindre le club des personnes victimes du mal des transports!
Appelé «cinétose» dans le jargon médical, ce trouble est provoqué par les déplacements en voiture, en train, en bateau (mal de mer) ou en avion (mal de l’air). Il peut être accentué par la chaleur, une aération insuffisante ou encore des odeurs diverses et variées. Généralement sans gravité, il est provoqué par une perturbation de l’équilibre résultant d’un conflit entre les informations envoyées au cerveau par les yeux, l’oreille interne et les récepteurs situés dans les muscles du corps.
Transmission perturbée
Pour se situer dans l’espace et réagir aux mouvements de l’environnement, notre organisme fait, en effet, appel à ces trois sources d’informations. Il les transmet ensuite au cerveau qui les analyse et donne la position du corps dans l’espace. Or, il arrive parfois que ce que les yeux voient ne corresponde pas à ce que l’oreille interne enregistre. Imaginons, par exemple, une personne assise à l’arrière d’une voiture. Généralement, elle regarde les autres passagers ou elle lit, mais n'observe pas la route. Ses yeux ne perçoivent donc pas le mouvement de la voiture, contrairement à l’oreille interne et aux capteurs musculaires.
Cette contradiction provoque chez certaines personnes – principalement les femmes et les enfants entre 2 ans et 12 ans – une sensation de mal-être dont l’intensité varie selon les patients. Les manifestations du mal des transports se traduisent par de la pâleur, de l’hypersudation, des maux de tête, des vertiges, des nausées, voire des vomissements. Parmi les autres symptômes, on recense aussi de la fatigue et des étourdissements. Qui s’atténuent habituellement après l’arrêt du mouvement, mais peuvent prendre jusqu’à trois jours pour disparaître complètement.
Dans l’air, en mer ou sur terre
Pour prévenir l’apparition des symptômes, quelques règles de bon sens s’imposent.
- Quel que soit le moyen de transport, il est conseillé de ne pas voyager fatigué ou stressé, de manger léger avant le trajet, mais aussi de s’hydrater régulièrement, tout en évitant évidemment la consommation d’alcool.
- En voiture ou en car, il est recommandé de s’asseoir à l’avant et de fixer l’horizon, afin de rappeler aux yeux qu’on est en mouvement. Si cela est possible, on demandera également au conducteur d’éviter au maximum les à-coups et de s’arrêter régulièrement pour prendre l’air.
- Sur un bateau, mieux vaut rester le plus possible au frais, au milieu du pont, tout en regardant la ligne d’horizon. Idéalement, il faudrait aussi s’allonger.
- Les personnes atteintes du mal de l’air s’assiéront quant à elles de préférence près des ailes de l’avion. C’est en effet à cet endroit qu’on ressent le moins les turbulences. Les vêtements moulants et trop chauds sont aussi contre-indiqués.
Recours à la médication
Parfois, de simples précautions ne suffisent malheureusement pas. Les médicaments homéopathiques peuvent alors aider à atténuer les effets ou en tout cas les retarder au maximum. On peut également prendre des antihistaminiques, entre 30 minutes et une heure avant le départ. Ces remèdes sont toutefois déconseillés si l'on conduit, en raison de leur effet sédatif. Il existe enfin des bracelets magnétiques, dont l’efficacité est toutefois sujette à caution.
Dans les cas les plus graves, la rééducation vestibulaire donne de bons résultats. Le principe de base consiste à exposer la personne atteinte aux stimuli ou aux mouvements provoquant le mal des transports, afin de permettre à l’organisme de s’y habituer et, ainsi, de provoquer moins de symptômes. Compter entre dix et vingt séances pour observer une amélioration visible.
Chantal Guyon


