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17 assurances maladie flexibles: ma chambre d’hôpital à la carte

Pouvoir choisir d’être hospitalisé en privé ou semi-privé avant chaque opération, sans payer une complémentaire hors de prix: c’est possible avec le modèle «flex» des assureurs maladie. Mais il a ses limites.

L’assurance maladie de base ne couvre que les frais d’hospitalisation en division commune et ne permet pas de choisir son médecin. Deux restrictions suffisamment importantes pour que certains assurés optent pour des complémentaires, qui garantissent le libre choix du médecin et l’hospitalisation en chambre privée ou semi-privée. Mais encore faut-il en avoir les moyens, surtout lorsque la retraite approche: selon les chiffres de la société VZ VermögensZentrum, une telle prime pour la division privée coûte, selon la caisse et le lieu de domicile, en 2014, entre 253 fr. et 918 fr. par mois pour un homme de 65 ans. Montant à additionner, bien entendu, à la prime d’assurance de base!

Couverture très partielle

Certains assureurs proposent toutefois une formule moins onéreuse: la complémentaire flexible, qui permet de décider, avant chaque entrée à l’hôpital, le genre d’établissement ou la division dans lesquels on sera soigné. Bien entendu, l’économie réalisée sur les primes se paie ailleurs: les patients qui optent pour la division semi-privée ou privée doivent, ainsi, s’acquitter d’une participation aux frais, qui prend la forme d’un forfait journalier ou d’un pourcentage de la facture. Et, plus la prime est bon marché, plus cette participation est salée.

Exemple avec le modèle Standard Liberty de Sanitas, qui ne coûte certes que 10 fr. par mois, mais avec lequel les assurés doivent payer 25% du coût de l’hospitalisation en division semi-privée, avec un maximum de 10 000 fr. par an (voir tableau). En division privée, la participation monte même à 50% et le plafond à 20 000 fr. «Nous recommandons donc de ne pas choisir obligatoirement le produit qui présente les primes les plus basses, car il cache souvent une franchise plus élevée», conseille ainsi Tatjana Merz-Kursawe, spécialiste des assurances à VZ. Mais, à l'autre bout du tableau, tout n'est pas rose non plus: les assurés d’ÖKK et de Sympany ne paient «que» 15% (max. 1500 fr.) en section semi-privée (25%/4500 fr. en privé), mais la prime mensuelle coûte de 6 à 10 fois plus cher!

D’autres caisses imposent des participations différentes, notamment le paiement d’un forfait journalier d’un montant fixe: 100 fr. à 200 fr. par jour avec le produit H-Bonus du Groupe Mutuel, ou 300 fr. à 400 fr. par jour avec l’Hospita Flex privée de Swica. Visana retient, quant à elle, un système de franchise pure, puisque ses assurés paient la totalité des coûts jusqu’à ce que le plafond annuel soit atteint.

Favoriser les petites franchises

L’intérêt majeur de la formule flexible est de pouvoir «s’offrir» la division privée ou semi-privée lors d’une opération particulièrement complexe et impliquant une hospitalisation longue, tout en y renonçant pour les cas plus bénins. Avec un tel objectif, le pourcentage de participation aux frais importe peu, car la franchise annuelle sera atteinte rapidement. Mieux vaut, dès lors, favoriser les franchises maximales les moins élevées, sans se soucier du pourcentage de participation.

Bas de laine obligatoire

Dans tous les cas, il est indispensable d’avoir en permanence de l’argent en réserve si l’on se tourne vers une police flexible, sans quoi il faudra se contenter de la division commune au moment du choix. On aura donc payé les primes en vain! La somme à provisionner doit correspondre au montant de la franchise maximale annuelle de la complémentaire flexible, additionnée de la franchise de l’assurance de base (300 fr. à 2500 fr.), de la quote-part (700 fr. au maximum) et de la participation hospitalière obligatoire (15 fr./jour). Un assuré de Sanitas doit, par exemple, mettre de côté entre 21 000 fr. et 24 000 fr. s’il souhaite se laisser ouverte la possibilité d’une hospitalisation en division privée. Chez les autres assureurs, le coût plus élevé de la prime réduit la provision nécessaire: 5000 fr. à 10 000 fr. suffisent, en fonction du produit retenu.

Pas pour tous

Le modèle flexible convient donc surtout aux personnes n’ayant besoin d’être hospitalisées que sporadiquement. Car, si les problèmes se multiplient, au point de nécessiter un passage à l’hôpital chaque année ou presque, le cumul des franchises coûtera finalement plus cher que les primes d’une complémentaire traditionnelle. Un jeune adulte qui souhaite laisser la porte d’une hospitalisation future en division privée ou semi-privée ouverte sans trop grever son budget peut y trouver son compte. Mieux vaut, en effet, conclure une assurance complémentaire lorsqu’on est en bonne santé, car le risque de voir son dossier refusé par une caisse augmente avec l’âge.

Attention enfin à vérifier deux choses: la couverture de la maternité, pas toujours incluse dans tous les modèles, ainsi que la liste des hôpitaux dans lesquels il est possible de se faire soigner. Car les assureurs se gardent bien de le préciser lorsqu’ils mettent en avant la liberté de choix qu’apporte une assurance complémentaire, mais chez certains d’entre eux, ce choix est limité à une liste d’hôpitaux prédéfinie.

Vincent Cherpillod

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