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PostFinance sous enquête

Jusqu’où une banque peut-elle exploiter les données de ses clients? PostFinance, la plus jeune institution financière de Suisse, se trouve dans le viseur du préposé à la protection des données. Berne a déjà imposé une mesure d’urgence.

A la fin de l’été, les clients ayant souscrit à l’e-banking de PostFinance ont, en effet, dû approuver de nouvelles conditions générales (CG). Or, depuis le 12 octobre dernier, l’institution se réserve ni plus ni moins la possibilité d'utiliser les données de leurs paiements pour leur proposer des offres ciblées!

Un client qui règle un achat de vêtements en ligne pourrait, ainsi, voir s’afficher à l’écran les dernières tendances de la mode lorsqu’il fera ses paiements le mois suivant. «PostFinance agit uniquement en tant qu’intermédiaire entre le tiers qui propose l’offre et le client privé qui en profite», précisent même les CG.

Cette initiative a alerté le préposé à la protection des données qui a trouvé, en urgence, un accord avec l’institution. Les internautes qui ont déjà accepté les nouvelles conditions générales demanderont, d’un simple clic, à ce que leurs données ne soient pas exploitées. Quant aux autres, ils peuvent refuser de les voir analysées sans être privés d’accès à la plateforme de paiement.

Avant l’intervention des autorités, PostFinance s’était bien gardé d’offrir spontanément cette option! L’enquête ouverte n’est toutefois pas terminée. Toute institution bancaire doit en effet respecter le secret bancaire si le traitement des données n’est pas indispensable à la finalité de l’opération. Or, un intermédiaire financier peut mener à bien sa mission sans en faire commerce.

L’ancienne régie fédérale est, pour l’heure, le seul établissement financier à tirer profit de la sorte des informations récoltées. Les autres grands du domaine – UBS, Credit Suisse, Raiffeisen et la BCV – nous ont assurés que ce procédé n’était pas à l’ordre du jour chez eux.