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Les sardines de la classe éco

Swiss a réussi un joli coup marketing au début d'octobre. En annonçant le rajeunissement de sa flotte, notre compagnie nationale s’est offert une pleine page de pub gratuite dans plusieurs quotidiens, Le Temps et 24 heures en tête. Plus fort encore, elle est parvenue à faire dire et écrire aux médias qu’avions modernisés allaient rimer avec meilleur confort des passagers. En réalité, Swiss passe comme chat sur braise sur une information cruciale: le nombre de sièges embarqués dans ses appareils va augmenter. Douze vont être ajoutés dans ses actuels Airbus A320 et 19 dans les A321, portant le total au maximum autorisé pour ces modèles. Quant au nouvel avion prévu pour 2015, le Bombardier CS100, il devrait être configuré à la densité maximale de 125 sièges.

Bien sûr, les low-cost remplissent déjà leurs appareils au maximum. EasyJet en tête. Mais qu’une compagnie traditionnelle franchisse le pas est plus rare, sinon inédit: ni Lufthansa, ni British Airways, ni Air France n’ont encore osé aller jusque-là. Et pourtant, Swiss se défend d’améliorer la rentabilité de ses lignes sur le dos des passagers: selon elle, de nouveaux sièges plus fins permettent de réduire l’écart entre les rangées sans que l’espace pour les genoux diminue. La réduction de la place occupée par le coin cuisine et les toilettes permet aussi d’ajouter des sièges. Admettons. Reste que de nombreux voyageurs se plaignent du confort de ces sièges fins, qui absorberaient moins bien les chocs. Et que davantage de passagers dans un avion signifie plus de monde pour le même nombre de toilettes et de coffres à bagages ou encore plus d’attente à l’embarquement. Plus confortable, la nouvelle flotte, vraiment?

Vincent Cherpillod