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Une assurance complémentaire en cas d’invalidité

En cas d’invalidité, les rentes classiques ne suffisent pas toujours. Une assurance complémentaire permet de compenser le manque à gagner.

Tout allait pour le mieux. Jusqu’à ce qu’une maladie incurable ou un accident bouleverse une vie. Or, au-delà de l’aspect médical, d’autres paramètres peuvent avoir de lourdes conséquences. On pense notamment à l’aspect financier, lorsque la personne n’est plus apte à travailler. Dans le meilleur des cas, elle va toucher des indemnités de perte de gain si son employeur a prévu une telle assurance. Mais, généralement, ces prestations s’arrêtent après deux ans seulement. Et les victimes d’un accident sont toujours mieux assurées que celles qui souffrent d’une maladie invalidante (lire encadré).

L’AI pas suffisant

C’est alors que l’AI prend le relais pour celles et ceux qui n’ont pas l’âge de la retraite. Or, la rente n’offre pas des conditions de nabab. Comme l’AVS, elle se calcule sur la durée de cotisations et le revenu. Pour toucher le maximum (2340 fr. par mois en 2014), le demandeur doit, notamment, faire valoir un salaire annuel de 84 240 fr. Mais les plus mal lotis devront se contenter du minimum, qui est de 1170 fr. en 2014!

Les invalides qui ont des enfants de moins de 18 ans (ou jusqu’à 25 ans pour ceux qui sont en formation) ont certes droit à une rente supplémentaire qui oscille entre 468 fr. et 936 fr. par mois et par enfant. Ce qui signifie qu’un père de famille avec un bambin peut, au mieux, toucher plus de 3276 fr. par mois. Autant dire qu’il lui sera difficile de joindre les deux bouts s’il était, jusqu’ici, le garant de l’équilibre financier familial.


Les prestations des caisses de pension du 2e pilier peuvent alors apporter un complément bienvenu. Mais tout dépend de la couverture choisie par l’employeur. Si ce dernier s’est contenté du minimum légal, les invalides ne reçoivent que 15% à 20% de leur dernier salaire. Les plus chanceux peuvent toucher 50%, voire 60%, en cas de prestations surobligatoires.

Un complément bienvenu

Il faut néanmoins cumuler bien des paramètres pour espérer toucher des revenus décents. C’est pourquoi il est possible de contracter une assurance complémentaire d’invalidité pour compenser le manque à gagner. Nous avons comparé les offres de 12 compagnies pour une personne de 35 ans qui désire toucher une rente d’invalidité complémentaire de 2000 fr. par mois. Et, comme on peut l’observer, les conditions ne sont pas identiques pour un homme ou une femme (voir tableaux).

La prime brute (1) correspond au montant à payer si la compagnie ne ristourne pas de bénéfices. Car, normalement, les primes sont censées baisser grâce au rendement obtenu par leur placement. Mais c’est sans garantie aucune! Si les bénéfices estimés sont réalisés, l’assuré devra donc verser moins, ce qui correspond aux primes nettes de notre tableau (2) et (3) (nous avons dû faire une distinction entre les deux premières années, car Vaudoise n’accorde le rabais qu’à compter de la deuxième année).

Au terme de la durée de paiement (6), l’assuré peut voir quel montant total il a versé avec le bénéfice projeté (4) ou sans (5). Lorsque ces deux totaux sont égaux, cela signifie que la compagnie ne ristourne pas ses bénéfices. C’est le cas de La Mobilière, de Swiss Life et de Pax.

Rentes selon le degré d’invalidité

Le versement des prestations diffère d’une compagnie à l’autre. Les assurés ont normalement droit à une rente partielle à partir d’un taux d’invalidité de 25% et à une rente complète à compter de 66,6%. Entre les deux, le remboursement est proportionnel. Si une personne est déclarée invalide par l’AI ou son médecin, elle ne doit plus payer de primes après un délai d’attente. C’est en principe le cas après trois mois.

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que les assureurs demandent parfois une preuve de perte de gain qui leur permet, le cas échéant, de réduire la rente. C’est pourquoi il est important de choisir une police qui verse le montant prévu en fonction du taux d’invalidité seulement.

Yves-Noël Grin