
Enregistrer sans VHS ou DVD: facile mais peu durable!
Avec les «TVbox» des fournisseurs de télévision, il est facile et très rapide d’enregistrer un film ou une émission. En revanche, conserver durablement les images est nettement plus ardu.
Voilà près de 40 ans que le magnétoscope a rendu possible l’enregistrement des programmes diffusés à la TV. Regarder une émission en différé, mais aussi conserver un film ou un événement sportif dans sa vidéothèque est devenu habituel. Seul le format a évolué: la cassette VHS a laissé place au DVD, puis au Blu-ray.
L’arrivée de la télévision numérique a bouleversé la donne: s’il est aujourd’hui encore plus facile d’enregistrer un programme, le transférer sur un support externe pour le conserver l’est beaucoup moins. Les contenus sauvegardés dans les «TVbox» louées par la plupart des fournisseurs de télévision restent, le plus souvent, captifs de leur boîte. Il est pratiquement impossible de les graver sur un DVD ou de les transférer sur une clé USB, afin d’en disposer à loisir. Rien de dramatique à première vue: ces dispositifs offrent souvent une grande capacité et une durée de stockage illimitée. Mais plus question, évidemment, d’emporter quelques cassettes en vacances ou de prêter à son voisin une émission enregistrée la veille…
«Nos enregistrements ne nous appartiennent plus»
Une mauvaise surprise attend d’ailleurs ceux qui conservent leurs enregistrements dans les «TVbox»: si l’abonnement est résilié, par exemple lors d’un passage à la concurrence ou d’un départ à l’étranger, tout est perdu! Porte-parole de Swisscom, Christian Neuhaus confirme: «Les clients qui mettent fin à leur contrat ne peuvent plus accéder à leurs anciens enregistrements par la suite, qu’ils soient stockés dans la «box» ou sur les serveurs de Swisscom.» Et c’est exactement pareil chez la plupart des autres fournisseurs de télévision, que ce soit par internet ou par câble: «Nos enregistrements ne nous appartiennent plus», déplore Jean-Yves Delapierre, webmaster du site 2222.ch, spécialisé dans la TV numérique.
La tendance est à la dématérialisation avec, à la clé, la généralisation du système de vidéo à la demande. Fini les étagères remplies de VHS, de DVD ou de Blu-ray: on accède au contenu désiré en ligne. «C’est déjà ce qu’on a vécu avec la musique, estime le bloggeur Xavier Studer*, spécialiste des nouvelles technologies. On se dirige vers une offre de type forfait, permettant d’accéder à un vaste catalogue.» De quoi dégager de la place dans le salon. Mais pour les réfractaires aux supports virtuels, les collectionneurs méticuleux, soucieux de conserver des événements ou des émissions qui ne seront peut-être jamais rediffusés ou proposés en ligne, il existe encore des moyens simples pour enregistrer et conserver des programmes… sous certaines conditions.
- Avec un magnétoscope ou un graveur DVD d’ancienne génération, il est encore possible d’enregistrer les chaînes diffusées, mais en mode analogique seulement. Plus pour longtemps cependant, car de nombreux câblo-opérateurs ont déjà renoncé à cette technologie. Le principal d’entre eux, UPC Cablecom, arrêtera leur diffusion en 2015. A compter de cette date, les anciens appareils ne seront plus d’aucune utilité.
- Les ménages qui reçoivent la télévision par câble (téléréseau) peuvent faire l’acquisition d’un enregistreur-graveur numérique, équipé d’un tuner DVB-C (pour les chaînes transmises par câble, par exemple dans la région genevoise) ou DVB-T (pour celles véhiculées par la TNT, par exemple dans la région lausannoise). La plupart intègrent les deux genres de tuner. On trouve plusieurs modèles pour un peu moins de 500 fr. dans les grands magasins d’électronique. Ils permettent de se passer des «box» des opérateurs et de pouvoir graver directement les programmes sur DVD ou Blu-ray. Attention: seules les chaînes de l’offre numérique de base, diffusées en clair, peuvent être enregistrées facilement. Selon le fournisseur, leur nombre varie de 70 (UPC Cablecom) à 140 (Citycable).
- Pour la télévision par internet (IPTV), c’est nettement plus compliqué, car les appareils évoqués plus haut ne fonctionnent pas. Ceux qui tiennent à enregistrer des émissions sur un support externe doivent, dès lors, éviter les offres des trois principaux fournisseurs (Swisscom, Sunrise, M-Budget) et se tourner vers les solutions offertes notamment par Teleboy ou Wilmaa, qui permettent d’enregistrer vers une clé USB ou un disque dur. Et procéderont, dans un deuxième temps, à la gravure des fichiers sauvegardés.
Vincent Cherpillod


