
Trente ans de mariage, puis le divorce…
Même lorsque les enfants sont partis, la séparation peut amener à une situation financière complexe.
Même si, en Suisse, la grosse majorité des divorces concernent les époux entre 25 ans et 40 ans, ils sont encore nombreux, une fois la cinquantaine franchie. Avec des conséquences financières parfois pénibles, même si les enfants ne sont plus à charge. La preuve par l’exemple.
Ils ont tous les deux 54 ans* et habitent depuis plus de 20 ans une petite maison familiale dans la localité de Fleurier (NE), intégrée dans la commune de Val-de-Travers en 2009. Ils ont pris la décision de se séparer.
Durant le mariage
Comme couple marié, ils disposent d’un confortable revenu net de presque 120 000 fr., y compris le faible rendement de leur épargne (voir tableau). Or, tous frais inclus (intérêts hypothécaires, amortissement, entretien, charges), leur maison ne leur revient qu’à un peu plus de 1500 fr. par mois. La note fiscale est donc salée, surtout dans le canton de Neuchâtel: plus de 26 000 fr.! «Loyer» et impôts déduits, il leur reste toutefois 6140 fr. par mois, et ils ne vont donc pas se plaindre!
Par ailleurs, ils disposent d’une prévoyance professionnelle (2e pilier) cumulée de 334 000 fr. avec, toutefois, une grosse disparité entre le capital de Monsieur et celui de Madame.
Après le divorce
A l’heure du divorce, Monsieur déménage dans un appartement à Neuchâtel et Madame va louer un appartement à La Chaux-de-Fonds. Ils vendent donc leur villa, avec un joli bénéfice, puisque, une fois l’hypothèque remboursée et l’impôt sur le gain immobilier payé, ils peuvent se partager un peu plus de 293 000 fr. Ajoutés à leur épargne, également divisée par deux, ils ont donc un joli «matelas» à disposition.
Il ne va pas être de trop, pour Madame surtout! Avec son travail à 60%, elle ne touche, en effet, qu’un salaire de 3000 fr. brut par mois (payé 13 fois). Du coup, même avec le rendement de sa fortune, son loyer (pourtant modeste) consomme déjà le tiers de ses revenus nets. Une fois les impôts déduits, il ne lui reste donc que 1689 fr. pour le solde des dépenses (assurances, alimentation, habits, transports, communication, loisirs, etc.).
Et si, grâce au partage totalement équitable du 2e pilier, son capital est identique à celui de son ex-époux, il ne va guère augmenter d’ici à sa retraite avec le faible salaire dont elle dispose.
Monsieur s’en sort nettement mieux, d’une part, parce qu’il a un meilleur salaire, d’autre part, car il travaille à 100%. Mais le fisc ne l’épargne pas et il lui restera donc, à compte égal, un peu plus de 4000 fr. à disposition.
Moralité: même avec un salaire brut cumulé supérieur à 10 000 fr., et donc apparemment confortable, une séparation peut amener à une situation financière complexe. Or, en Suisse, un mariage sur deux finit en divorce!
*Exemple fictif.
Christian Chevrolet


