
Retour à la case départ
Et pourtant, tout avait si bien commencé… En mars 2013, le conseiller d’Etat, François Longchamp, lance un projet de loi pour mettre fin aux méthodes spéculatives dans l’achat d’appartements en PPE. La raison de son offensive? Des logements initialement construits pour répondre aux besoins de la classe moyenne (avec un prix de vente relativement bas, plafonné par l’Etat pendant dix ans) se retrouvent dans les mains de personnes déjà propriétaires et prêtes à les revendre avec une plus-value considérable. Pour éviter de tels abus, le politicien genevois trouve une solution simple et efficace: obliger l’acheteur à occuper l’appartement qu’il vient d’acquérir. Mais, pour une partie de la droite, c’est inconcevable. Du coup, le Grand Conseil genevois adopte, en mars dernier, une autre solution, bien moins restrictive, qui bloque l’accès à la propriété dans les zones de développement aux personnes déjà propriétaires d’un bien immobilier dans le canton.
L’élément principal de la loi Longchamp est donc totalement vidé de sa substance. Et, pour le coup, c’est au tour de la gauche de grimacer, sans se douter pourtant que la situation va encore empirer. Cinq mois après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, l’Office cantonal du logement révèle, en effet, des chiffres choquants: sur 16 demandes de propriétaires désirant acquérir un logement en PPE, 14 dérogations ont d’ores et déjà été accordées!
Donc, retour à la case départ! Une fois de plus, ce sont les acteurs dirigeants le marché immobilier qui sont écoutés et les familles de la classe moyenne qui sont prétéritées au profit d’une petite minorité de spéculateurs masqués. Et pourtant, tout avait si bien commencé


