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11 échelles bonus / malus: comment rouler bien couvert

Les sinistres automobiles peuvent coûter cher. Il est donc important de se couvrir en connaissant bien les assurances existantes.

Que l’on roule dans un tacot du siècle dernier ou dans un nouveau modèle rutilant, les dégâts qu’on cause lors d’un accident peuvent être considérables. Ce n’est pas un hasard si l’assurance responsabilité civile (RC) est obligatoire en Suisse et que sa garantie minimale est fixée à 5 millions pour les voitures de tourisme.

Prime au profil

Parallèlement, on distingue deux autres grands genres de couverture: la casco partielle et la casco complète. Leur point commun avec la RC, c’est l’influence que les profils du véhicule et du conducteur ont sur le montant de la prime. En effet, la valeur de la voiture, sa puissance, son équipement et, parfois, même ses émissions de CO2 jouent un rôle important. En choisissant un modèle plutôt qu’un autre, l’automobiliste peut ainsi réduire sa facture.

Il n’a en revanche pas d’influence sur son profil personnel. Or, comme l’avait démontré notre enquête, son âge, son sexe et sa nationalité pèsent très lourd dans le calcul (lire «Heidi paie dix fois moins cher que Mehmet», TCF 6/2014). D’autres éléments, enfin, liés à l’utilisation du véhicule entrent encore en ligne de compte: kilométrage annuel, etc.

Pour établir la prime, chaque compagnie pondère l’ensemble de ces paramètres à sa guise. Par conséquent, l’une peut s’avérer très avantageuse pour tel profil et peu attractive pour un autre.

En fonction de son véhicule et de sa capacité financière, l’automobiliste doit évaluer si une casco – partielle ou complète – est nécessaire et quelles sont les options vraiment utiles. Voici un petit éclairage pour faire le bon choix.

Responsabilité civile (RC)

C’est une couverture à laquelle on ne peut pas échapper, puisqu’elle est obligatoire pour tous les véhicules en Suisse. L’assurance responsabilité civile (RC) prend en charge les dommages causés à des tiers, qu’ils soient matériels ou corporels, ainsi que les pertes de gain qui peuvent en découler. En revanche, elle n’assume en aucun cas les dégâts subis par l’auto assurée. Hormis le système de bonus (lire encadré et voir tableau). Les éléments à prendre en considération sont les suivants.

  • Franchise: les jeunes (moins de 25 ans) et les nouveaux conducteurs (permis depuis moins de deux ans) doivent souvent payer une franchise en cas de sinistre. Celle-ci peut varier de 500 fr. à 1500 fr., mais certaines compagnies offrent la possibilité de la supprimer. Comme cette option pousse le montant de la prime vers le haut, celles et ceux qui ont de quoi assumer la franchise en cas de pépin ont donc tout intérêt à ne pas la cocher.
  • Protection de bonus: il s’agit d’une garantie qui empêche la prime de monter de quatre ou de cinq crans en cas de sinistre. Chez certains assureurs, elle est réservée aux automobilistes qui ont atteint le degré de bonus maximal. Mais quoi qu’il en soit, ils admettent généralement un seul sinistre par année. Selon les profils, cette option fera grimper la prime de plus de 10%; autant dire qu’elle n’est pas toujours profitable.
  • Faute grave: cette couverture – souvent optionnelle et parfois couplée avec la protection de bonus – donne l’impression que l’assuré sera absous quel que soit l’erreur commise au volant. Une lecture attentive des conditions générales dit bien souvent le contraire: la conduite en état d’ébriété ainsi que les excès de vitesse importants sont souvent exclus, parfois même les dépassements téméraires. Facturée entre 20 fr. et 50 fr. selon les assureurs, cette option rend évidemment l’assureur plus conciliant en cas de sinistre.

Casco partielle

Cette assurance facultative prend à sa charge toute une série de dégâts affectant le véhicule assuré: vol, dégâts naturels, dommages dus aux animaux, bris de glace, vandalisme, feu, fouines, etc. Souvent, cette couverture est modulable. Là encore, opter pour la franchise maximale en sachant qu’on peut l’assumer en cas de pépin permet de faire baisser la prime.

Quoi qu’il en soit, il est important de ne pas surestimer certaines prestations. En règle générale, les actes de vandalisme pris en charge ne concernent que l’antenne, les rétroviseurs, les essuie-glaces, les enjoliveurs, les pneus et l’introduction de matières nuisibles dans le réservoir! Les dégâts les plus coûteux (rayures sur la carrosserie, etc.) ne sont pas assurés. Pour les bris de glace, seuls le pare-brise, les vitres latérales, la lunette arrière et le toit ouvrant sont couverts. Les phares, aussi onéreux qu’exposés aux projectiles de toute sorte, sont exclus ou exigent un supplément de prime.

Pour des autos de moindre valeur (moins de 5000 fr.) en particulier, la pertinence d’une casco partielle mérite donc d’être examinée. C’est d’autant plus vrai lorsque l’assuré a la capacité financière d’assumer des dégâts qui se montent au pire à la valeur du véhicule. Il convient alors d’évaluer la probabilité que des incidents graves surviennent en se posant les bonnes questions:

  • Vol: ma voiture est-elle sujette au vol en raison de son caractère particulier (valeur, puissance, rareté, etc.) et/ou de l’absence de dispositif de sécurité (antidémarrage codé, alarme, garage, etc.)?
  • Dégâts naturels: mon véhicule est-il souvent garé hors d’un garage et, par conséquent, plus exposé à un éventuel orage de grêle ou à une tempête? Est-ce que je la stationne souvent dans une zone où les risques naturels (éboulement, chute d’arbres, etc.) sont évidents?
  • Dommages causés par des animaux: est-ce que je circule régulièrement dans des régions (en campagne notamment) où la présence de gibier est prévisible?

Casco complète

En complément à la casco partielle, il existe théoriquement la casco collision qui couvre les dégâts que l’assuré cause à son propre véhicule par sa faute. Mais, comme il est rare que les assureurs offrent la possibilité de la contracter sans casco partielle, on parle alors de «casco complète» qui regroupe les deux risques. Si cette assurance n’est pas rendue obligatoire par la loi, elle est généralement imposée dans le cadre d’un leasing.

Si la casco complète se justifie pour les véhicules neufs, récents ou de valeur, elle perd de sa pertinence au fil des années. Pour un modèle de plus de sept ans ou d’une valeur de moins de 10 000 fr., il est souvent judicieux de se contenter d’une casco partielle. Car, si les primes restent assez stables, la voiture dévalue et, par conséquent, le dédommagement en cas de sinistre aussi.

Certains paramètres sont semblables à la RC comme le système des bonus-malus. A l’exception de La Vaudoise, toutes les compagnies adoptent d’ailleurs la même échelle de degrés. Ainsi, on retrouve bien souvent aussi l’option «protection du bonus», tout comme la «couverture pour faute grave». Le système de franchise est, lui, différent: chaque risque assuré a bien souvent son propre montant. Voici encore quelques paramètres à prendre en considération:

  • Effets personnels: c’est généralement une option qui inclut le vol d’objets dans la voiture. La somme d’assurance est souvent limitée (entre 2000 fr. et 5000 fr.) et les objets de valeur (ordinateur, bijoux, etc.) exclus. Gare à ne pas être assuré à double, si l’on dispose déjà d’une assurance ménage avec la couverture complémentaire «vol simple hors du domicile».
  • Dommages au véhicule parqué: il s’agit habituellement d’une option où les conditions sont restrictives. Dès lors, il est important de s’intéresser à la somme couverte, à la limitation du nombre de sinistres par an et à l’éventuelle franchise.
  • Valeur vénale majorée: cette option augmente sensiblement les indemnisations en cas de dégât total du véhicule ou lorsque celui-ci a été volé. L’échelle de remboursement varie d’une assurance à l’autre, mais on peut tabler sur une augmentation de 20% par rapport à la valeur de la voiture avant le sinistre. Dans la majorité des cas, cette majoration cesse dès que le véhicule a plus de sept ans.

Yves-Noël Grin

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