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Laissés sur le carreau

Finitions remises aux calendes grecques, dallage défectueux: le balcon de l’appartement d’une famille neuchâteloise, acheté neuf en PPE il y a deux ans, reste inutilisable.

C’est un troisième été sans balcon que s’apprêtent à vivre Didier Voirol et les siens. Et les beaux jours qui s’installent durablement ne font que renforcer la frustration de la petite famille. Du haut du quatrième étage de leur immeuble de Cernier, la vue sur le Val-de-Ruz et, au loin, sur le Mont-Blanc, est pourtant superbe. Le problème? Le sol du balcon est sinistré. Le carrelage tombe en morceaux, au point que certaines dalles, totalement descellées, menacent de tomber dans la rue. D’autres ont bougé, se chevauchent et présentent un bord coupant. Hors de question de laisser les deux bambins s’aventurer sur le balcon!

Deux causes sont à l’origine des dégâts. Un problème de finitions tout d’abord: à la remise des clés, au printemps 2012, le joint entre le carrelage et le béton n’avait pas encore été posé, provoquant la désolidarisation des dalles du pourtour du balcon. L’entrepreneur avait promis d’y remédier avant la fin de l’année, mais l’arrivée précoce de l’hiver a reporté les travaux. Depuis, les finitions attendent toujours, et les choses ont empiré, car les dalles des deux balcons des étages supérieurs, qui ne sont pas protégés par des auvents, se sont décollées sous l’action de la neige et du gel.

Le gel a fait sauter le carrelage

L’entrepreneur général, l’agence immobilière Azimut SA (Neuchâtel), est au courant du problème rencontré sur ces deux balcons. A la suite du signalement du dommage, elle a mandaté un expert neutre pour constater les dégâts. Ses conclusions sont claires: suite à plusieurs malfaçons, le dallage est endommagé et doit être remplacé. Le tout aux frais de l’entrepreneur, puisqu’il s’agit d’un défaut de l’ouvrage, signalé dans les temps et reconnu comme tel par Azimut SA, qui a accepté de prendre en charge les travaux de réfection. Quant aux travaux de finition, l’architecte en charge du chantier, Etik SA (Cernier), reconnaît qu’ils restent à effectuer, ce que confirme un courrier envoyé par l’entrepreneur général aux acquéreurs, en juin 2012.

Le hic? Rien n’a bougé depuis! Les travaux sont au point mort. La faute à une cascade de responsables qui se refilent la patate chaude, à qui mieux mieux. Pour l’entrepreneur général, c’est au bureau d’architecture en charge du chantier d’agir. Lequel explique que le sous-traitant qui a posé le dallage défectueux, un carreleur de la capitale neuchâteloise, conteste les conclusions de l’expert et refuse de procéder aux travaux de réfection. Dans l’attente du règlement du litige, à l’amiable ou devant les tribunaux, chacun campe sur ses positions… et les balcons restent en chantier, au grand dam des acquéreurs!

Du côté de l’entrepreneur général Azimut SA, on se borne à signaler que la durée des procédures devant mettre un terme au litige est indépendante de sa volonté, et on n’avance aucune date à laquelle les travaux seront réalisés. Quant au responsable du bureau d’architecture Etik SA, il comprend les doléances des propriétaires, mais souhaite attendre, à la fin du mois de juin, une rencontre avec l’avocat du carreleur pour décider des mesures à prendre. Et se refuse, lui aussi, à évoquer un délai pour la réalisation des travaux.

Reste à nos lecteurs neuchâtelois la possibilité d’exiger de l’entrepreneur qu’il répare le défaut sans attendre (lire encadré). Sans quoi ils pourraient devoir se contenter, pendant encore longtemps, de regarder le Mont-Blanc depuis leur fenêtre...

Vincent Cherpillod