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Mon épargne est dans le pré

Placer son argent dans un troupeau de vaches laitières rapporte entre 4% et 5% par an. C’est plus rentable qu’un compte d'épargne!

Vous êtes plutôt du genre frileux? Les investissements en titres: très peu pour vous! Vous ne jurez que par les placements physiques. Alors, pourquoi ne pas investir dans un cheptel de vaches laitières? C’est original et, surtout, cela rapporte bien plus qu’un bon vieux compte d'épargne.

Le principe est plutôt simple: nul besoin de raccrocher son tablier et de se reconvertir dans l’élevage. Pour 1630 € (1990 fr.) par tête de pipe auxquels s’ajoutent encore 125 € de frais d’enregistrement (150 fr.), l’Association française d’investissement en cheptel (AFIC) propose aux particuliers d’acheter une ou plusieurs vaches laitières. Les bovins sont ensuite confiés à un régisseur spécialisé qui se charge, pour le compte de l’acquéreur, de les louer à un éleveur professionnel. Celui-ci fournit le matériel, les bâtiments ainsi que les soins et l’entretien du cheptel. Il a également l’obligation d’assurer le bétail contre la maladie et l’accident. En cas de pépin, la bête sera remplacée par une autre de qualité identique.

4% à 5% par an

La formule est gagnante tant pour l’éleveur que pour l’investisseur. Le premier conserve ainsi ses liquidités, tout en pouvant accroître rapidement son cheptel. Quant au second, il voit son placement rémunéré au fur et à mesure que le troupeau s’agrandit. L’acquéreur perçoit, chaque année, entre 4% et 5% de son cheptel en nature. En effet, sur 100 vaches louées à un éleveur, on enregistre en moyenne 86 naissances (46 mâles et 40 femelles). L’éleveur conserve les mâles ainsi que 20 femelles destinées à remplacer les vaches «retraitées». Enfin, entre quatre et cinq génisses sur les 20 autres restantes reviennent à l’investisseur. Celui-ci a alors deux options: vendre les bêtes devenues adultes ou les conserver et les ajouter à son troupeau.

Pas sans risque

On l’aura compris, il s’agit d’un investissement à long terme! Il faut du temps pour que les animaux grandissent et que le troupeau s’étoffe avec les différentes naissances. Si vous avez un horizon de placement inférieur à cinq ans, mieux vaut vous abstenir.

De plus, l’opération n’est pas sans risque malgré ce qu’on peut être tenté de croire. En effet, la vache est un placement peu liquide… Revendre un bovin n’est pas facile. A défaut de trouver un autre investisseur, on devra donc le revendre au prix du marché, qui ne sera pas forcément corrélé à celui déboursé au moment de l’achat. Enfin, à supposer qu’on ait besoin de cash immédiatement, il faudra se résoudre à envoyer Marguerite à la boucherie. Et, là encore, le prix du bétail peut être revu à la baisse au moment de la vente. Mieux vaut donc ne pas utiliser l’argent dont on pourrait avoir besoin à court terme pour investir dans les laitières. A cela s’ajoute encore un risque de change pour les investisseurs suisses, le placement étant réalisé en euros (lire encadré).

Viande suisse

Toutefois, la France n’a pas l’apanage de l’investissement bovin. La Suisse est également de la partie avec l’entreprise Natur Konkret, mais la formule diffère un peu. Pour 1250 fr. (variante A) ou 2500 fr. (variante B), l’acheteur acquiert une vache. En échange, il reçoit, respectivement durant cinq ans ou dix ans, l’équivalent de 350 fr. de viande par année à titre de dividende. Les bovins sont des Highlands écossais, une race réputée pour la qualité de sa viande, élevés dans la région d’Avegno au Tessin. L’investisseur est également propriétaire de sa vache: il peut donc lui rendre visite dans ses verts pâturages quand bon lui semble...

Chantal Guyon