
Une image peu brillante
Si les notaires romands voulaient donner du crédit aux doutes que Monsieur Prix émet formellement sur le montant de leurs honoraires, ils ne s’y prendraient pas autrement. La meilleure façon de les dissiper consisterait, en effet, à jouer la carte de la transparence et à répondre aux questions pourtant basiques qui leur ont été posées dans le cadre de l’enquête menée en commun avec la Radio Télévision Suisse. Or, 18 d’entre eux (sur 42) ont refusé de transmettre les honoraires qu’ils demanderaient à un futur propriétaire pour l’acquisition extrêmement simple d’un bien immobilier. Y compris les trois Fribourgeois et le Valaisan qui nous ont fourni les chiffres, mais qui ont refusé qu’on indique leur nom sur le tableau détaillé que nous publions sur notre site internet.
Il ne se trouve donc, en fin de compte, que trois notaires sur cinq prêts à fournir et à assumer leurs prix. Et encore, pour arriver à ce quota, il a fallu que notre journaliste fasse preuve d’une montagne de persuasion! Or, les excuses qui ont été données, dans le cadre précis de notre enquête, sont pitoyables: «chaque cas est un cas à part et complexe, donc inchiffrable». Ou encore «chaque canton, quand ce n’est pas chaque commune, a des particularités rendant la comparaison impossible, tout comme la possibilité qu’un notaire étranger (comprenez du canton d’à côté) pratique hors de son territoire». Tout cela semble, en plus, suffisant à certains hommes de loi – en Valais notamment – pour refuser d’afficher leurs tarifs à la réception de leurs études ou sur leur site internet, comme l’exige pourtant l’ordonnance sur l’indication des prix.
Las! Au final, des semaines de travail pour un résultat à l’image peu brillante que les notaires donnent d’eux-mêmes: lacunaire et opaque.
Christian Chevrolet

