
12 assurances vie (excédents): excédents riquiquis
En dépit des promesses des assureurs, les suppléments réels reversés aux détenteurs d’une assurance vie sont minimes.
A la conclusion d’une assurance vie, les courtiers font toujours miroiter aux assurés un profit supplémentaire, versé sous forme d’excédents. Il faut dire que le rendement garanti, lui, crève aujourd’hui le plancher, au point de devenir négatif pour les produits à primes périodiques (lire TCF de janvier et de février 2014). Ces excédents sont déterminés librement par les assurances: elles ne sont aucunement tenues de respecter les estimations données lors de la signature du contrat. Et leur base de calcul est opaque, sinon incompréhensible pour les clients.
Trois fois moins qu'annoncé!
En nous fondant sur les données publiées par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), nous avons donc cherché à connaître les montants réels remboursés entre 2008 et 2012, en mettant l’argent redistribué aux détenteurs d’une assurance vie en relation avec le total des montants assurés (voir tableau). Et sans surprise, les excédents sont maigres. De plus, chose étonnante, ils plongent en 2012, malgré l’amélioration de la situation économique et la reprise boursière…
En moyenne, l’assureur le plus généreux, Pax, n’a reversé, chaque année, que 0,37% des sommes investies dans les assurances vie sous forme d’excédents. Etonnamment, c’est lui aussi qui proposait le meilleur rendement garanti en 2013 pour une assurance vie mixte traditionnelle avec prime unique*. Autre surprise, à l'autre bout de l'échelle: les assureurs qui ont versé le moins d’excédents, ces dernières années, ne sont pas vraiment ceux qui offraient les meilleurs rendements garantis lors de notre comparatif de janvier. Le Groupe Mutuel, par exemple, n’a reversé que 0,03% des sommes engrangées, alors qu’il se classait au milieu de notre comparaison des rendements garantis. Conclusion: les polices qui offrent les rendements les plus faibles ne compensent pas forcément par le versement d’excédents plus importants!
Ces résultats sont évidemment très décevants: des excédents de 0,20% chaque année ne représentent qu’un bonus de 2000 fr., pour une police de 10 ans et un investissement de 100000 fr. Et pas plus de 4800 fr. pour 20 ans avec 120 000 fr. Or, les chiffres que nous avons relevés en janvier dernier montrent que, pour un contrat conclu en 2013, les assureurs promettaient en moyenne 5465 fr. d’excédents sur un contrat «vie mixte traditionnel» de 10 ans (avec prime unique), et jusqu’à 15 510 fr. sur un contrat de 20 ans avec primes périodiques. Soit près du triple des sommes réellement versées entre 2008 et 2012! Pourquoi de telles différences?
Explications peu convaincantes
Pour le Groupe Mutuel, le calcul n’est pas significatif, car la somme totale assurée comprendrait également les polices d’assurance vie de risque pur, pour lesquelles elle ne rétrocède pas d’excédents. Autrement dit: une compagnie d’assurance qui gère un grand nombre de polices de ce type aura un faible pourcentage d’excédents versés. L’argument paraît toutefois bancal, car la grande majorité des assureurs verse bel et bien des excédents pour les contrats de risque pur, sous forme de réduction des primes.
Porte-parole du Groupe Mutuel, Christian Feldhausen évoque une raison supplémentaire: moins ancien que d’autres assureurs, il gère beaucoup de contrats récents, payés par primes périodiques. Conséquence: les premières années, la somme assurée est nettement plus importante que l’argent effectivement dans les mains de l’assurance. Il y a donc moins d’argent qui travaille et peut rapporter des excédents.
*Base: homme de 50 ans, non-fumeur. Contrat de 10 ans avec versement d’une prime unique de 100 000 fr. (voir TCF 2/2014).
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