Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in /home/bonasavo/bonasavoir.ch/include/article_detail.inc.php on line 20

La rentabilité historique des obligations

Le bilan des obligations suisses est plutôt positif depuis vingt ans. Pour autant que l'investisseur place son argent dix ans au moins et qu’il ne soit pas trop gourmand!

Les petits investisseurs n’aiment pas le risque. Le marché des actions leur fait donc peur, alors que celui des obligations les rassure. Il est vrai qu’il ne s’agit rien d’autre que d’un prêt, pour lequel on arrête, en général, un intérêt rémunératoire fixe et une durée déterminée après laquelle on retrouvera son capital de départ.

Si l’on se réfère à ces 20 dernières années, le raisonnement tient la route. Les obligations en francs suisses ont, en effet, rapporté un rendement annuel de 3,9% entre 1994 et 2013 (moyenne de tous les titres disponibles en Bourse).

Toutefois, ce qui importe, ce n’est pas tant le rendement brut (valeur nominale), mais plutôt ce qu’il en reste une fois déduit le renchérissement. Or, s’il est vrai que l’inflation n’a plus jamais dépassé 2,5% depuis 1993, elle a atteint des pics 20 ans plus tôt (11,93% en 1973). Mais l’inverse est vrai aussi lorsqu’elle est négative (comme en 2012) et que le rendement s’en trouve concrètement amélioré. Comme elle est très faible depuis 20 ans, le rendement réel reste donc très correct pour cette période: 3,1% par an en moyenne.

Il n’en a toutefois pas toujours été ainsi et, comme l’histoire n’est qu’un éternel recommencement, surtout dans le monde de la Bourse, il vaut la peine de se pencher sur les statistiques régulièrement mises à jour par la Banque Pictet.

Dix ans au moins

La bonne nouvelle d’abord: le rendement réel des obligations suisses à très long terme – 2,3% en moyenne entre 1926 et 2013 – justifie la confiance que lui font les petits investisseurs. Un retour vers le passé montre cependant qu’elles ne sont pas sans risque. Si l'on se fonde sur une durée de placement de 10 ans (voir tableau), on s’aperçoit même qu’elles n’ont pas toujours suffi à compenser l’inflation, notamment au début de la Seconde Guerre mondiale (– 16,7% entre 1939 et 1948) et des années 1970 (–  13,7% entre 1965 et 1974).

En fait, sur les 78 décennies ainsi chiffrées, il s’en trouve quand même 12 à afficher une perte. Et, comme les statistiques ne tiennent pas compte des frais de courtage et de dépôt, il en est vraisemblablement allé de même dans les périodes avec un très faible rendement (1981 à 1990, par exemple). Ce qui amène Rainer Gänsslen, stratégiste à la Banque Pictet, à rappeler que l’horizon de placement devrait rarement être inférieur à dix ans, voire plus.

L’épargne au plancher

Dès lors, ne vaut-il pas mieux laisser cet argent sur de simples comptes bancaires? La réponse est clairement «non», car l’inflation va entamer le rendement dans les mêmes proportions, mais celui-ci sera nettement plus bas. La preuve: une obligation de la Confédération de 10 ans ne rapportait, certes, que 0,85% le 5 mai dernier (contre 1,25% au début de l’année), mais UBS ne proposait alors que 0,05% pour son compte épargne standard!

A l’inverse, l’investisseur qui place son argent dans une combinaison mixte composée de 60% d’obligations et de 40% d’actions suisses a de bonnes chances d’obtenir un meilleur rendement: 4% (au lieu de 2,2%) en moyenne historique entre 1926 et 2013 (voir tableau). Mais, comme il n’y a pas de miracle, il prend aussi un risque de pertes nettement plus important.

Christian Chevrolet / sb