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Ne vous fiez pas aux prix du catalogue

Les voyagistes demandent souvent des prix bien supérieurs à ceux affichés dans leurs catalogues. La preuve avec Kuoni, Helvetic Tours et Hotelplan.

Drôle de surprise: dans son catalogue, Kuoni propose une semaine de vacances en Crète à l’Hôtel The Island Resort, du 5 au 18 juillet pour 1298 fr. Or, en demandant, par courriel cette fois, une offre pour le même séjour au même voyagiste, le prix bondit à 1766 fr.! Autre exemple: dans son catalogue, Hotelplan promet une semaine à l’Hôtel Rey Carlos à Grande Canarie pour 837 fr. Sur l’offre reçue par courriel, le séjour coûte, en revanche, 1218 fr., soit 381 fr. de plus par personne!

Or, ce ne sont pas des cas isolés: en comparant 16 offres de Kuoni, d’Helvetic Tours (qui appartient à Kuoni) et de Hotelplan, le constat est frappant: les prix dans les catalogues sont systématiquement plusieurs centaines de francs au-dessous des offres concrètes reçues par voie électronique (voir tableau).

Aller simple uniquement

Julian Chan, de Kuoni, justifie ces majorations par le fait que les listes de prix du catalogue contiennent des prix de base qui ne sont valables que pour un nombre limité de places dans la classe de prix la plus basse. Il précise que les suppléments sont visibles dans les horaires des vols. Nous avons donc pris en compte ces suppléments. Malgré cela, les offres par courriel sont demeurées bien plus chères.

Chez Hotelplan, Prisca Huguenin-dit-Lenoir, rétorque que, «dans les listes des prix des voyagistes, «les tarifs des nuits sont clairement indiquées en fonction de la date et de la saison. Pour les voyages en avion, les prix les plus bas sont indiqués par personne pour un aller simple.» En fait, les montants mentionnés dans le catalogue pour les voyages à forfaits ne comprennent que le billet aller simple…

Lié par le prix indiqué

Rolf Metz, juriste et expert du droit des voyageurs, estime que, «dans les cas où les coûts affichés sont systématiquement beaucoup trop bas afin d’attirer les clients, il peut s’agir de concurrence déloyale».

Selon la loi fédérale sur les voyages à forfait, un organisateur est lié contractuellement par les déclarations fournies dans un prospectus. Et, selon l’ordonnance sur l’indication des prix, la somme que le consommateur va payer effectivement doit être indiqué. «L’ordonnance ne dit cependant pas combien de temps un prestataire est lié par un prix fourni», tempère Guido Sutter du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). En revanche, il est clair «qu’une stratégie consistant à afficher des prix en sachant pertinemment qu’ils seront en réalité systématiquement plus élevés devrait être qualifie de politique d’appât».

La politique de certains voyagistes est cependant plus satisfaisante. Chez Tui, par exemple, le calcul des prix dans le catalogue est assez compliqué, mais le résultat correspond aux offres demandées aux bureaux de voyages.

Denise Bucher / seb