
Enfants et portable: prudence!
Faut-il interdire les téléphones portables aux enfants pour leur santé? La Belgique vient de faire un pas dans ce sens, en prohibant les appareils en forme de jouets destinés aux moins de 7 ans. Mais elle est bien seule sur le Vieux-Continent. En France, l’Institut national du cancer se borne à relever que, «si les scientifiques mettaient en évidence des effets sanitaires des radiofréquences, les enfants pourraient y être plus sensibles: en effet, leur crâne est de moindre dimension que celui des adultes et leur organisme est en cours de développement (…)».
Un risque très prudemment évoqué au conditionnel. Car le monde scientifique est confronté à un problème de taille: «Le niveau insuffisant de preuves», comme l’affirme l’Agence nationale française de sécurité sanitaire (Anses) dans une expertise récente. Un constat que Conseil fédéral avait déjà dressé en 2008, en réponse à une motion qui demandait une interdiction pour les moins de 14 ans. Tout en reconnaissant alors que les études étaient lacunaires, les sept Sages avaient estimé qu’une interdiction serait «disproportionnée et infondée». Depuis, la situation n’a pas évolué. «Faute d’effets sanitaires avérés», l’Anses opte donc pour le principe de précaution et recommande «de réduire l’exposition des enfants en incitant à un usage modéré du téléphone mobile et en privilégiant, de plus, le recours au kit mains libres et aux terminaux mobiles avec les valeurs TAS les plus faibles».
Des conseils qui sont aussi ceux de l’OFSP en Suisse. La valeur TAS (ou DAS), qui indique l’intensité du rayonnement, figure sur l’emballage ou le mode d’emploi, explique Daniel Dauwalder, porte-parole de l’OFSP. Sa valeur limite est de
2 W/kg, mais en suivant le principe de précaution, il est pertinent de choisir une valeur aussi basse que possible.


