
Frontaliers français: révolution de l’assurance maladie
Le système d’assurance maladie des frontaliers sera bouleversé le 1er juin 2014. Son coût va au moins doubler pour ces personnes. Jusqu’ici, Suisses et Français travaillant en Suisse et résidant outre-Jura avaient trois options: l’assurance maladie helvétique ou, en France, l’affiliation à la CMU (couverture maladie universelle) et une assurance privée. Les trois garantissaient des soins de part et d’autre de la frontière.
Plus de neuf frontaliers sur dix ont opté pour la solution privée en France, plus avantageuse que la LAMal ou l’affiliation à la CMU, qui coûte 8% du revenu fiscal par ménage. Cette dérogation est supprimée. Tous les nouveaux frontaliers devront être affiliés à la CMU ou à une caisse maladie helvétique. Le droit d’option étant irréversible, personne ne peut revenir s’assurer en Suisse. Seule exception: le passage du statut de travailleur à celui de retraité. Quant aux contrats privés existants, ils ne seront plus reconduits et échoiront donc au plus tard le 31 mai 2015.
Paris a lâché du lest et acceptera de rembourser aux assurés CMU certains soins en Suisse. Un taux transitoire de 6% pour la cotisation sera accordé jusqu’en 2015 ainsi qu’un abattement de 9536 € (11 646 fr.) sur le revenu, lequel disparaîtra progressivement. A Thônex, commune limitrophe, les cotisations de l’assurance maladie suisse pour un couple varient entre 718 fr. et 1190 par mois (franchise de 300 fr.). Soit l’équivalent d’une ponction de 8% sur des revenus annuels nets entre 107 700 fr. et 178 500 fr.


