Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

WC: et si l’eau remplaçait le papier?

Les toilettes à jet d’eau ont conquis les marchés asiatiques, mais le «bidet des temps modernes» peine encore à convaincre en Occident.

Dans les salles de bains des ménages japonais, l’usage du papier-toilette est devenu pratiquement obsolète. La grande majorité des nouvelles habitations sont équipées de WC intégrant une douchette, qui nettoie le postérieur à la place du papier. L’installation type comporte trois fonctions: le jet de base, un second jet à usage féminin et un dispositif de séchage qui évite complètement d’avoir recours au papier.

Expérience faite, le système est convaincant. On actionne le jet depuis une petite console accolée à la cuvette des toilettes. Si la puissance de la douchette surprend de prime abord – elle est toutefois modulable sur la plupart des modèles, on s’y habitue rapidement. Et force est de constater que le résultat du nettoyage est aussi net, sinon plus, que plusieurs passages de papier.

Un investissement encore coûteux

En Suisse, deux fabricants se partagent le marché: la société Toto, entreprise japonaise à l’origine de la popularisation du système, et le groupe suisse Geberit, dont la gamme AquaClean est la plus fréquemment installée.

Au niveau financier, l’installation de ces toilettes n’est pas sans douleur pour le portemonnaie: montage compris, un modèle complet de marque Geberit AquaClean Sela Up est par exemple facturé 2500 fr. par un installateur sanitaire à qui nous avons demandé un devis, contre 400 fr. environ pour un modèle courant. Il est néanmoins possible d’installer le système sans remplacer les toilettes dans leur ensemble, en posant un siège adaptable sur des WC traditionnels. La douchette étant alimentée par la chasse d’eau, seul un raccordement supplémentaire au réseau électrique est nécessaire. Dans ce cas, le coût peut être ramené entre 700 fr. et 2000 fr., en fonction du modèle choisi.

L’Europe s’en lave les mains

En Occident, l’installation de toilettes à jet d’eau reste encore très confidentielle, comme le confirme Olivier Cots, vice-président de l’Association des installateurs sanitaires du canton de Genève: «Environ 5% des WC installés aujourd’hui en Suisse sont dotés d’une douchette. Ce taux grimpe toutefois dans certaines constructions, notamment les hôtels de luxe. Le système est, par exemple, très demandé par la clientèle originaire du Moyen-Orient.» D’après les fabricants, il cumule tous les avantages: plus hygiénique que le papier, le lavage à l’eau permettrait, en plus, d’épargner des milliers d’arbres qu’on transforme aujourd’hui en papier-toilette. Geberit, indique, en outre, que le système peut aider à soulager les personnes qui souffrent d’irritation de la peau ou d’hémorroïdes.

Qu’en pensent les spécialistes? Si le CHUV avoue son incompétence à répondre à la question, on est davantage renseigné dans la ville qui a fait du jet d’eau sa spécialité: «Nous avons un exemplaire en test depuis quelques mois, mais nous ne sommes pas convaincus, regrette Didier Pittet, médecin-chef du Service de prévention et contrôle de l’infection aux Hôpitaux universitaires de Genève. Peu de gens l’utilisent spontanément. De plus, en prétendant que le système améliore l’hygiène, les fabricants s’avancent beaucoup. A ma connaissance, aucune étude scientifique ne le prouve.»

Vincent Cherpillod