
Ville ou campagne, que choisir?
Vivre loin des centres urbains pour retrouver l’air pur et la tranquillité a un prix: celui des transports, principalement.
Pénurie de logements, bruit incessant, pollution… Quel citadin n’a pas déjà rêvé de s’exiler à la campagne pour bénéficier d’une meilleure qualité de vie? Il peut, en effet, être tentant de fuir les centres urbains, toujours plus surchargés, pour retrouver le calme et la nature. Mais généralement, à moins d’être Crésus, la décision de vivre en ville ou à la campagne dépend surtout des moyens financiers de chacun. Pour se faire une idée des différences de coûts entre ces deux modes de vie, nous les avons comparés pour parvenir à la conclusion qu’une famille qui vit à Lausanne a moins de frais que si elle habite dans une commune agricole comme Corcelles-le-Jorat (voir tableau).
Citadins avantagés
Globalement, le gain financier réalisé sur le logement est réduit à peau de chagrin à cause du prix des transports. En habitant à Lausanne tout en y travaillant, on peut, en effet, se passer de voitures, mais, en déménageant, il en faut au moins deux pour une famille qui vit dans une zone rurale, d’autant plus quand les deux parents travaillent en ville. Et c'est compter sans les coûts pour louer des places de parc près du boulot et les repas de midi… Idéalement donc, il faudrait vivre et travailler non loin de son lieu de domicile, pour éviter ces dépenses qui pèsent lourd dans le budget.
Dans une commune agricole, les loyers sont moins chers. Un appartement de 5 pièces à Corcelles-le-Jorat reste ainsi meilleur marché qu’un quatre-pièces dans la capitale vaudoise. En optant pour un logement plus grand, il est alors possible d’engager une jeune fille au pair pour s’occuper des enfants et ainsi diminuer les coûts de garde, exorbitants lorsqu’elle est assurée par une crèche.
Enfin, pour les impôts, le coefficient fiscal est le même pour les deux communes, mais grâce aux déductions professionnelles (transports et repas), les Corçallins vont payer un peu moins (économie de 145 fr. par mois).
Qualité au-delà du cout
L’exil rural ne peut donc pas être motivé pour des raisons financières. Il s’agit, dès lors, de réfléchir plus globalement. Ceux pour qui la qualité de vie est très importante opteront plus volontiers pour la campagne avec son air pur, ses grands espaces verts et sa tranquillité. Il est aussi plus facile d’avoir son propre jardin potager pour cultiver des fruits et des légumes. Cette vie conviendra également à tous ceux qui veulent se réapproprier le temps. Attention toutefois de ne pas oublier que, en vivant loin des centres urbains, il faut systématiquement prendre sa voiture pour accéder aux principales nécessités (soins, services publics, commerces, etc.).
A contrario, le citadin gagne un temps considérable, puisqu’il a tout à portée de main. D’un point de vue purement pratique donc, la ville bat la campagne à plates coutures. Sans compter qu’elle offre également une très grande variété d’activités culturelles et de loisirs. Mais, à l’inverse, il faut accepter les relents de pollution, le bruit constant et le béton…
Marie Tschumi


