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Le sponsoring, un vrai secret bancaire

Les institutions financières de notre pays rechignent à dire combien elles dépensent en sponsoring. Trois seulement répondent avec des chiffres aux questions de «Tout Compte Fait».

Festivals de musique, clubs de sport, musées, manifestations culturelles, le sponsoring offre un apport vital pour beaucoup d’acteurs de notre société. Dès lors, il est intéressant de voir comment nos banques, ont participé, dans ce domaine l’année dernière. Tout Compte Fait a donc posé la question à 13 institutions financières suisses, dont les banques cantonales romandes (voir tableau). Alors qu’on imaginait une participation active (ce genre de soutien est tout à leur honneur), la plupart ont refusé de donner des chiffres! Trois d’entre elles ont tout de même joué le jeu.

Les Banques Cantonales de Fribourg et Neuchâteloise ont ainsi dépensé respectivement 3,8 et 3,1 millions de francs en sponsoring en 2013. Des sommes relativement constantes par rapport à l’année précédente avec, toutefois, une augmentation de 200 000 fr. pour l’établissement fribourgeois.

Le sport rafle la mise

La BCF a réparti ses apports de la manière suivante: sport (50%), culture (23%), économie (22%) et social (5%). Font notamment partie des bénéficiaires: le Club de hockey Fribourg-Gottéron, le Festival du film de Fribourg ou encore la Fondation Théodora.

La BCN donne, quant à elle, d’autres exemples de sponsoring. Elle a financé, par exemple, deux postes de professeurs dans le domaine de la gestion du territoire à l’Université de Neuchâtel, à hauteur de 250 000 fr., un investissement répété pendant quatre ans. La banque cantonale a également créé une fondation culturelle pour laquelle elle a mis à disposition 300 000 fr., afin de soutenir les dossiers qui lui son soumis (180 en 2013).

Raiffeisen, enfin, a dépensé environ 25 millions en sponsoring en 2013. Ces principaux engagements concernent le sport, avec un soutien à Swiss-Ski (ainsi qu’à certains skieurs comme Beat Feuz et Marianne Kaufmann-Abderhalden), à la Raiffeisen Super League (ligue nationale de football) et à des des athlètes individuels, comme Viktor Röthlin.

Les banques cantonales ciblent les acteurs locaux

Les autres banques préfèrent donc laisser planer le mystère. Pour les deux plus grandes (UBS et Credit Suisse), ainsi que pour PostFinance, nous avons utilisé les estimations calculées par l’entreprise Sponsorize pour l’année 2012, puisque les sommes investies semblent constantes par rapport à l’année précédente (lire encadré). Les institutions taiseuses sont tout de même d’accord de donner quelques exemples. UBS est très active dans le sport (Athletissima, Sierre– Zinal, Fête fédérale de lutte), mais aussi dans la culture (Montreux Jazz Festival, Art Basel Festival du film de Locarno). Credit Suisse n’est pas en reste, puisqu’elle soutient l’équipe nationale de football, la Fondation Pierre Gianadda et le Kunsthaus de Zurich, notamment.

Les banques cantonales se tournent, quant à elles, vers des bénéficiaires plus régionaux. Les décisions sont prises généralement par des comités spécifiques en lien avec les départements marketing. Ces derniers examinent les demandes de soutien en fonction de différents critères prédéfinis. «Les activités de sponsoring doivent se dérouler dans le canton, promouvoir nos valeurs (proximité, professionnalisme, performance et responsabilité) et concerner des manifestations, des projets des ou des lieux associant un maximum de Vaudois», détaille notamment la Banque Cantonale Vaudoise. Tandis que, pour la BCGE, «les actions de sponsoring s’inscrivent principalement dans des événements populaires à caractère régional et dépourvues de connotations politiques ou religieuses».

Loïc Delacour