
Nouveau Fairtrade moins exigeant
commerce équitable A la fin janvier, Max Havelaar annonçait le lancement d’un nouveau label, peu contraignant pour les industriels.
Le nouveau logo Fairtrade de Max Havelaar est visuellement très proche de celui qu’on connaît. La différence, pour le consommateur, est pourtant de taille. Avec le label classique, tous les ingrédients qui pouvaient être issus du commerce équitable devaient l’être. La certification supplémentaire que Max Havelaar vient de lancer est moins exigeante.
Un seul ingrédient
En effet, le nouveau label – dont le nom officiel est «Programme d’approvisionnement Fairtrade» – certifie les produits dès le moment où un seul ingrédient (cacao, sucre ou coton) est équitable. Illustration avec les biscuits au chocolat et aux noisettes Chococroc vendus par Coop labellisés «Fairtrade Max Havelaar Cocoa Programm»: sur les 230 g du contenu, seul le cacao est Fairtrade, soit 50 g. Quantité qui n’est d’ailleurs pas précisée sur l’emballage. Ainsi, on estime que les petits producteurs de cacao touchent une prime équitable de 1.7 ct. sur les 3.50 fr. (prix du paquet) payés par le consommateur!
On peut citer bien d’autres exemples encore. Les biscuits Knusper-Nuss de Kambly contiennent du «délicieux chocolat au lait suisse avec du cacao issu du commerce équitable, du beurre frais et de la farine de la vallée de l’Emmental». Les 100 g sont vendus 4.20 fr. Sur ce total, il y a 40 g de cacao certifié. Pour cette quantité, les producteurs reçoivent une surprime estimée à 1.4 ct., ce qui représente 0,33% du prix de vente!
Risque de confusion
L’objectif revendiqué par Max Havelaar est d’offrir de nouvelles opportunités de vente pour les petits producteurs. Pour les industriels cependant, c’est un moyen d’obtenir facilement un label. Si cette idée peut effectivement contribuer au développement de la production équitable, ce logo supplémentaire risque de semer la confusion dans l’esprit des consommateurs.
Eric Breitinger / seb


