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Electricité, je t’aime. Ou pas.

Vert, toujours plus vert. C’est une couleur à la mode. Tout est bon pour en habiller les produits qui se disent respectueux de l’environnement. Le secteur automobile a su s’y adapter en développant des technologies alternatives au moteur thermique toujours plus décrié. Et celle qui tire son épingle du jeu, c’est la voiture électrique. Elle est si silencieuse, si peu polluante qu’elle semble être une réponse à tout. Elle a même la bénédiction des plus allergiques à l’automobile.

En réalité, la voiture électrique est une aberration. Elle n’émet certes aucune émission de CO2, mais elle ne puise pas son énergie dans les pâquerettes. Pour rouler 100 km, ses batteries ont besoin d’environ 15 kWh. Elle consomme donc 2250 kWh par an pour un kilométrage de 15 000 km. Et c’est là qu’on rigole: si les 4,3 millions de voitures qui circulent en Suisse étaient toutes électriques, 9675 millions de kWh seraient engloutis chaque année. Même les trois centrales nucléaires de Beznau 1, Beznau 2 et Mühleberg ensemble n’arriveraient pas à répondre à un tel besoin!

Dans le contexte de la «Stratégie énergétique 2050», on met pourtant tout en œuvre pour que la Suisse puisse sortir du nucléaire. On explore toutes les mesures pour réduire notre dépendance au courant et basculer vers des énergies renouvelables. La chasse au gaspillage passe par des appareils moins voraces et la suppression de gros consommateurs comme les chauffages électriques (2800 millions de kWh par an). La voiture électrique, elle, semble échapper à cette logique implacable. Mieux, on l’encourage. Quand va-t-on tirer la prise à une telle absurdité?

Yves-noël grin