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Héritage: à prendre ou à laisser?

Avant d’accepter ou de répudier une succession, la seule valeur des biens ne suffit pas à prendre la bonne décision.

Les déshérités ont l’avantage de ne pas avoir à se poser cette question. Maigre consolation. Tous les autres y sont confrontés: «Dois-je accepter ou refuser la succession?» Une décision pas toujours facile lorsque les héritiers ne connaissent pas exactement la situation qui était celle du défunt. Dans ce cas, la solution la plus cohérente est de demander un bénéfice d’inventaire, également appelé «inventaire successoral» (lire encadré).

Implications indirectes

Cette procédure coûte plusieurs milliers de francs suivant les cantons. Elle permet de connaître les actifs et les passifs de la succession. Elle doit faire l’objet d’une requête auprès du juge de paix au plus tard un mois après le décès ou dès que l’héritier a pris connaissance de sa qualité. Une fois établi, le bénéfice d’inventaire laisse un mois aux héritiers pour choisir: accepter, répudier la succession ou en demander la liquidation officielle.

La décision doit néanmoins aller plus loin que la seule considération des actifs et des passifs. En effet, il est essentiel de bien évaluer les implications indirectes que peuvent avoir un héritage, surtout si celui-ci se partage à plusieurs. Car, bien souvent, il y a non seulement toute une somme de coûts cachés, mais également des contraintes lourdes à assumer.

La lourdeur de l’immobilier

Le meilleur exemple est sans aucun doute le patrimoine immobilier. L’estimation de sa valeur et des dettes hypothécaires qui le grèvent sont simples à établir. Ce qui l’est moins, c’est tout ce que va impliquer la reprise du bâtiment. Il convient d’abord de faire le point sur son état général et sur les travaux de rénovation à prévoir.

Demander l’analyse d’un expert peut éviter de très mauvaises surprises.

Avant de devenir propriétaire ou copropriétaire d’un bien immobilier, encore faut-il savoir ce qu’on veut en faire et se mettre d’accord avec les éventuels cohéritiers: le louer ou le vendre? La location n’est pas une mince affaire. Sa gestion peut vite tourner au cauchemar si plusieurs personnes ont leur mot à dire. En confier la conduite à un mandataire extérieur qui gère le patrimoine dans l’intérêt commun est une solution un peu plus coûteuse, mais plus confortable aussi. La vente d’un objet exige, pour sa part, une bonne analyse du marché immobilier local (niveau des prix, demande, etc.) pour ne pas se laisser bercer par de douces illusions.

Derrière la valeur

On l’a vu, le risque est d’évaluer un bâtiment sans tenir compte des coûts et des implications qui s’y rattachent. Cela est valable pour tous les autres biens hérités et, en particulier, ceux qui ont une forte valeur. On pense notamment aux objets précieux ou de collection qui impliquent des frais (assurances, entretien, etc.) et des conditions de conservation exigeantes. Et, là aussi, lorsque plusieurs héritiers sont concernés, les choses peuvent être très compliquées si tout n’est pas discuté et réglé au préalable…

Yves-Noël Grin

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