
Le palladium ne remplace pas l'or
L’envolée de l’or, aujourd’hui retombée, a fait rêver plus d’un petit épargnant. Est-il raisonnable d’investir dans les métaux précieux et, si oui, comment le faire simplement?
Après avoir stagné pendant près de 20 ans, le cours de l’or s’est brusquement emballé en 2006 pour atteindre un pic, cinq ans plus tard. En francs suisses, l’heureux acheteur d’un kilo d’or en 1999 aurait pu le revendre, en juillet 2012, plus de quatre fois son prix! Les cours sont, certes, bien retombés depuis, mais la plus-value laisse quand même pantois, à l’heure où le rendement des comptes bancaires traditionnels et des assurances vie crève le plancher.
Si ses plus beaux jours semblent, toutefois, derrière lui, peut-on espérer un rendement semblable en misant sur un autre métal précieux? Outre l’or, les principales banques suisses proposent, en effet, l’argent, le platine et le palladium…
L’argent, à l’instar de l’or, est peu soumis à la demande industrielle. Ces deux métaux font surtout office de valeurs refuges et leurs cours augmentent généralement lors des crises financières.
A l’inverse, le platine et le palladium entrent, eux, dans la composition des pots catalytiques des voitures, notamment. Leurs cours chutent donc fréquemment en période de crise économique, et plus particulièrement lorsque l’industrie automobile stagne ou régresse.
Des cours très volatils
Ces trois métaux ont pourtant un point commun: leurs cours sont encore plus volatils que celui de l’or! Ils sont donc considérés comme des investissements à risque. L’argent, tout comme l’or, a atteint un pic en 2011, mais valait deux fois moins, deux ans plus tard. Le platine est encore plus instable: son prix a touché des sommets au début de 2008, avant de dévisser au tiers de sa valeur, six mois plus tard!
Sylvie Pidoux, porte-parole de la Banque Raiffeisen, résume le discours que la totalité des banques nous ont tenu: «Un investissement dans un métal est soumis à de fortes fluctuations. Il ne devrait servir qu’à améliorer la diversification de son patrimoine.» A hauteur de 1% à 10% du portefeuille, selon les conseils de UBS, de la BCGE et de la BCJ.
Un gros risque au mauvais moment
L’investisseur qui souhaite tout miser sur un seul métal prend donc un gros risque, tout comme s’il plaçait ses économies sur un seul titre coté en Bourse. Celui qui veut tout de même tenter le coup (lire encadré) ne doit donc le faire qu’avec une somme d’argent qu’il peut supporter de perdre en grande partie sans conséquences néfastes pour l’état de ses finances.
Les cours actuels des métaux précieux incitent d’ailleurs à la prudence. UBS et Credit Suisse prévoyaient, en février, une année difficile pour l’or, dont le cours, qui a chuté depuis 2012, a peu de chances de remonter. «La reprise actuellement en cours devrait durer jusqu’à la fin de mars. Par la suite, le mouvement baissier devrait reprendre son cours et trouver son terme dans le courant du 2e semestre», précise Cyrille Joray de la BCJ.
Vincent Cherpillod


